© Marc Loiseau
Une chose est sûre : avec six cent soixante ventes en 2010 selon l'Adil 75 (Agence départementale d'information sur le logement), le marché du neuf reste confidentiel à Paris.
La rareté des projets d'aménagement
Dans l'ancien, trente-cinq mille logements ont été vendus l'an dernier ! Pour autant, le marché a retrouvé un peu d'oxygène avec une accélération des mises en vente au premier semestre 2011. L'offre a même doublé en un an, passant de deux cent trente logements fin juin 2010 à cinq cent cinquante à fin juin 2011. « Le volume de stock disponible reprend de la vigueur et retrouve le niveau de 2006 », constate d'ailleurs l'Adil 75.
Si l'offre reste faible, c'est en raison de la raréfaction des grands projets d'aménagement, laquelle tient à une grave pénurie de terrains. Une situation due à l'étroitesse du territoire de la capitale, à sa densité urbaine, à la qualité et à la richesse de son bâti.
Qu'il est loin le temps des travaux pharaoniques impulsés par le baron Haussmann au milieu du xixe siècle alors que Paris n'était qu'une cité moyenâgeuse. À l'époque, ruelles étroites et sales furent remplacées par de grandes artères et de larges places, le bâti insalubre s'effaça au profit d'immeubles confortables en pierre de taille parfaitement alignés. Un vaste réseau d'égouts fut créé, des parcs, des jardins virent le jour (parc Monceau, Montsouris...). Apparurent aussi les centres d'affaires, les grands magasins... Une fièvre constructrice rendue possible par l'annexion de faubourgs comme Auteuil, Passy, Charonne...
« Jamais la construction ne fut aussi intense qu'à cette époque », note Patrice de Moncan, qui a consacré plusieurs ouvrages à l'immobilier parisien. « De 1851 à 1860, mille deux cent quarante immeubles sortaient de terre chaque année et bien plus encore après l'annexion de 1860. » Cette année-là, la capitale s'étend et passe de douze à vingt arrondissements.