Les taux du crédit immobilier tricolore ont une nouvelle fois légèrement augmenté le mois dernier inscrivant durablement le mouvement haussier constatée depuis début 2017. « En mai, les taux ont effectivement progressé de 0,07 à 0,13 % en fonction des durées », constate Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint du courtier Cafpi. Bien que certaines banques ne les aient pas appliquées à leurs tarifs les plus bas afin de conserver des taux d'appel attractifs, force est de constater que les moyennes sur vingt ans sont passées de 1,50 % hors assurance à 1,80 % entre novembre 2016 et mai 2017.
Des conditions avantageuses. Pour autant, « Les taux restent bas » tempère Maëlle Bernier, directrice de la communication du courtier Meilleurtaux.com. A court terme, ce léger rebond soutient même le marché en déclenchant les actes d'achat pour ne pas rater le coche. « Ces hausses impactent encore peu le pouvoir d'achat », estime Joël Boumendil, fondateur du courtier ACE Crédit. D'autant que les banques ont détendu leurs conditions d'octroi. « Elles acceptent de nouveau des financements dits à 110 % comprenant, outre l'achat du bien, les frais de notaire et d'agence. Ces crédits ont représenté plus de 15 % des dossiers que nous avons réalisés », poursuit Joël Boumendil.
Une demande en baisse. Passé quelques mois, l'effet commence toutefois à se faire sentir. Chez Vousfinancer.com par exemple, la part des renégociations est tombée à 5 % en mai, contre 26 % ces derniers mois. Du côté de Cafpi la nouvelle demande a également faibli, en retrait de 18% par rapport à mai 2016. Les incertitudes autour des résultats de lélection présidentielle et de la conjoncture économique ont eu un impact non négligeable. « Mais une chose est sûre, nous avons connu en 2016 et connaissons encore une période de taux historiquement bas. Et ils constituent un véritable levier pour financer un projet immobilier » rappelle Cécile Roquelaure directrice de la communication du courtier Empruntis
Une hausse inéluctable. Aujourdhui, le marché est porté par les aides, les taux bas et les prix qui restent accessibles (même si les zones tendues ont connu de fortes hausses ces derniers mois). Les indicateurs (OAT 10 ans, taux directeur de la BCE et Euribor), restent stables. Dans cette conjoncture et confrontée à une baisse de la demande, les banques ne bougent pas. « Dans ces conditions, passée la période printanière, la hausse des taux va se poursuivre lentement », annonce Philippe Taboret.