Guyane : un écoquartier exemplaire

Direction Remire-Montjoly, en Guyane, pour découvrir une opération d'urbanisme qui associe respect de la nature et répond aux besoins en logements des habitants.

© EPFA Guyane

Avec une forêt équatoriale omniprésente et comptant parmi les moins écologiquement fragmentées au monde, la Guyane est un département à part qui fait que son besoin en logements, constaté de longue date, doit répondre à de multiples exigences. Il s'agit de créer un habitat confortable, conforme aux normes en vigueur tout en misant sur une urbanisation intelligente et un véritable respect de la biodiversité présente.

Urbanisme : de vrais enjeux. Située au sud-est de Cayenne dans une banlieue résidentielle, la ville de Remire-Montjoly s'attaque à cette tâche constructive. C'est d'ailleurs une nécessité tant son développement démographique est important. Pour répondre aux besoins croissants en logements, mais également pour tendre vers une Ville amazonienne durable et obtenir une réalisation urbanistique moderne et structurante, l’EPFA Guyane développe l’écoquartier Georges Othily. A terme, lorsque les trois phases de cet ambitieux projet seront achevées, ce nouveau quartier abritera 6 000 habitants répartis sur 1 500 logements, soit 25% de la population de la ville.

Une croissance en trois étapes. Au sein des 25 ha de la phase 1 du projet, 9 000 m² ont été réservés aux activités économiques. Des mètres carrés au service de la vitalité économique de la ville et développés en parallèle avec des équipements aussi indispensables qu’attendus : un groupe scolaire, une crèche, un jardin d’enfants ainsi qu’un espace forestier. 526 logements collectifs et 60 maisons individuelles y ont également été construits. La phase 2, actuellement en cours de travaux, comprendra quant à elle 724 logements collectifs privés et aidés. En plus des équipements scolaires et culturels attendus, trois jardins publics, un parc boisé, une digue promenade en lisière de forêt et un marais de stockage des eaux pluviales viendront également compléter les 31 ha du projet.

Préserver la nature. La troisième et dernière phase du projet est à l’étude. Une étape pendant laquelle il est nécessaire de prendre le temps d’étudier en détail la topographie afin de permettre le dégagement d’espace en pleine terre et l’ouverture sur la nature. « La Guyane est composée à 90% de forêt amazonienne, explique Denis Girou, directeur général de l’EPFA Guyane. Le rapport au sol et à l’habitat des Guyanais ne peut y être abordé de la même manière que sous le climat de l’Europe continentale. L’écoquartier en est un exemple. C’est un corridor pour la biodiversité, qui valorise une nature utile et productive, un outil de résilience et de lutte contre le changement climatique. » De fait, l’opération, dans sa globalité, devra respecter les caractéristiques des sites qu’elle a ou va transformer, intégrer la nature dans le projet tout en la préservant et privilégier l’utilisation des ressources locales, tant au niveau des matériaux que du savoir-faire. Un défi audacieux, en passe d’être relevé.


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