La région parisienne va-t-elle manquer de neuf dans les prochaines années ? A la lumière des derniers résultats de lObservatoire de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), la question vaut dêtre posée. 26 668 maisons et appartements ont été mis en vente sur lensemble de 2019, un plongeon de 18 % par rapport à 2018. Rien quau quatrième trimestre de lan dernier, les lancements commerciaux s'effondrent de 33 % si on les compare à la même période de 2018 !
Question de foncier. La chute des mises en vente tient toujours au même facteur : en région parisienne, les terrains sont rares. Seules 1 050 parcelles ont été vendues en petite couronne (départements 92, 93 et 94) lan dernier selon lObservatoire régional du foncier (ORF). « Cest le plus faible niveau depuis 2006 », pointe cet organisme. La grande couronne (départements 77, 78, 91, 94) nest pas mieux lotie, avec 4 450 transactions, le plus mauvais score depuis treize ans.
Cest permis ? A la rareté foncière sajoutent dautres facteurs. 80 500 permis de construire des logements neufs (privé et social confondus) ont été attribués lan dernier, en baisse de 11,8 % par rapport à 2018. Les procédures durbanisme sont longues et complexes. Il faut rendre les parcelles techniquement et juridiquement constructibles. Les promoteurs ont aussi du mal à trouver des entreprises de bâtiment (notamment des terrassiers), ce qui retarde dautant les opérations.
Ruée sur le neuf. Si les lancements commerciaux plongent, les ventes, elles, filent bon train. 36 144 logements neufs ont trouvé preneur en 2019, une hausse de 4 % par rapport à 2018. Il faut dire que les besoins sont très importants en Ile-de-France et que la région a sous-construit pendant des années, créant un fort déficit en logements. En outre, la demande a été soutenue lan dernier par des taux immobiliers historiquement bas et par des conditions bancaires assouplies.
Encore de loffre Avec des ventes nettement supérieures aux mises en vente, loffre ne peut que baisser. Fin 2019, elle sétablit 21 822 maisons et appartements. Cest un recul de 25 % pour le collectif et de 37 % pour lindividuel ! Le marché est si tendu, les Franciliens si déterminés à acheter du neuf que ce stock ne représente plus que 7,2 mois de fonctionnement du marché, alors quun délai de douze mois est signe déquilibre entre loffre et la demande.
Combien ça coûte ? Dans ce contexte de tension marquée, les prix sont condamnés à monter. Le mètre carré en collectif classique (hors programmes en TVA à 5,5 % et hors résidences services) monte à 5 419 € hors parking. Ce qui représente au bout du compte une hausse de 3,9 % sur un an, un niveau plutôt modéré. Les promoteurs sefforcent en effet de contrôler leurs coûts, sachant que tout dérapage pourrait conduire à une désolvabilisation de la demande.
Perspectives immobilières. Pour 2020, la baisse du nombre de permis de construire va entraîner un nouveau recul des lancements commerciaux. Dans le même temps, les acquéreurs vont rester motivés et les nouveaux logements continueront de trouver très rapidement preneur. Certes, aujourdhui, il reste du choix, quil sagisse dacheter pour habiter ou pour réaliser un investissement locatif. Mais si rien ne bouge, loffre va encore baisser, laissant craindre à lhorizon 2021/2022 pénurie et hausse des prix.
Immobilier neuf : lexception parisienne
89 logements neufs ont été vendus dans la capitale au troisième trimestre 2019 selon lenquête Eclair publiée par lAdil 75 (derniers chiffres disponibles). Un score famélique, qui reflète bien létroitesse de ce marché dans la capitale (dans lancien, les notaires enregistrent dans les 9 000 transactions par trimestre). Loffre neuve culmine à 420 appartements à fin septembre dernier et seuls 157 logements ont été mis sur le marché au troisième trimestre 2019. Le mètre carré moyen monte à 12 191 €, avec une fourchette qui va de 10 500 €/m² dans le XIXe arrondissement à plus de 22 000 € dans le VIe arrondissement.