Immobilier : la France va-t-elle manquer de neuf ?

Pierre Chevillard
Mis à jour par
le 24 mai 2019
chez PAP.fr

Alors que la demande est toujours soutenue, l’offre de logements neufs peine à se renouveler. Si elle est encore suffisante, elle pourrait à moyen terme fondre comme neige au soleil, poussant les prix à la hausse. Analyse de marché.

© Franck Paubel

Le neuf garde la forme. 29 356 nouveaux logements ont été vendus aux particuliers lors du premier trimestre 2019 selon la dernière étude de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Cette timide baisse de 1,2% par rapport au premier trimestre 2018 cache une vraie performance. Depuis le début de l’année, en effet, la défiscalisation Pinel n’est plus possible dans les villes moyennes (zones B2 et C du dispositif), ce qui aurait dû entraîner un recul bien plus fort des ventes.

La cote du neuf. La demande en logements neufs est particulièrement soutenue. « La pierre reste attractive pour les ménages, qu’ils souhaitent se loger ou investir pour louer » explique Alexandra François-Cuxac, présidente de la FPI. « Les conditions d’emprunt sont très favorables et devraient le rester. Les logements que nous mettons sur le marché -plus respectueux de l’environnement, plus connectés, plus riches en services- répondent à leurs attentes. Encore faut-il réussir à les produire ! »

Chute des mises en vente. 21 685 logements ont été mis en vente au premier trimestre 2019, une chute de 36,9% par rapport à la même période de 2018 ! « Les municipales de 2020 approchent et de nombreux maires n’accordent plus de permis de construire » pointe Marc Villand, vice-président de l FPI. « Les promoteurs doivent faire face à des terrains toujours plus rares, à des recours contre les permis de construire, à des problèmes de disponibilité des entreprises de construction… »

Baisse de l’offre. Pour alimenter la demande « les promoteurs doivent puiser dans les stocks qui du coup baissent de 11% » indique la FPI. L’offre disponible atteint, à fin mars 2019, 100 929 maisons et appartements, contre 113 686 un an plus tôt. De quoi assurer dix mois de fonctionnement du marché, voire huit mois dans certaines grandes villes comme Rennes, Lyon, Nantes ou encore l’Ile-de-France. Rappelons qu’un délai d’une douzaine de mois est signe d’équilibre du marché.

Prix sages. Dans ce contexte tendu d’offre inférieure à la demande, les prix évoluent peu. Malgré les tensions sur les terrains et les coûts de construction, malgré des délais de montage des opérations toujours plus longs donc toujours plus chers, le mètre carré ne monte que de 1,8% sur un an. Fin mars 2019, mètre carré hors parking et en TVA à 20%, s’établit à 4 358 € en moyenne nationale. Avec de grosses disparités selon les métropoles, comme le montre notre tableau ci-dessous.

Quelles perspectives pour le neuf ? Pour les candidats à l’achat comme à l’investissement locatif, la conjoncture reste favorable. Taux bas et aides puissantes comme le PTZ et le Pinel soutiennent une forte demande. Mais si l’offre ne se redresse pas, le marché du neuf risque bien de se retrouver dans une situation de pénurie d’ici 2020 ou 2021. De quoi limiter le choix des particuliers en termes d’adresse comme de surface, tout en poussant les prix à la hausse…

© FPI

Les prix du neuf dans les grandes agglomérations françaises. Ces chiffres donnent les principales tendances. Ils doivent être interprétés en tenant compte des spécificités du marché du neuf. Par exemple, la mise en vente de programmes en centre-ville, là où les terrains et els coûts de construction sont très chers, fait mécaniquement monter les moyennes. Ajoutons que le prix d'un logement neuf s'apprécie au cas par cas, en fonction de l'étage, de l'orientation, des équipements et prestations, etc.


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