Une quarantaine de résidences réparties du XIIe au XXe arrondissement : autant de programmes en cours de commercialisation à Paris, dont certains proposent leurs derniers appartements Pratiquement pas de mise en vente de nouvelles opérations, sauf dans le XIIIe, où une avant-première va bientôt être lancée, à deux pas de la Bibliothèque François Mitterrand Un tour de loffre qui montre à quel point le neuf se fait rare dans la capitale. Une tendance confirmée par une étude détaillée de lAgence départementale dinformation sur le logement de Paris. Parue fin mars 2021, elle décortique le marché parisien du neuf sur lensemble de 2020. Résultats et analyse.
Marché étroit. Lan dernier, 346 appartements ont été vendus dans la capitale, un recul de 17% par rapport à 2019 révèle cette étude. Bien sûr, 2020 a été une année spéciale. Durant le premier confinement, le marché sest arrêté et il a fortement ralentit lors du deuxième confinement. Les rebonds observés lors de la sortie de ces épisodes si particuliers nont pas permis aux ventes des promoteurs de redresser la barre. Mais surtout, ces chiffres témoignent de létroitesse du marché du neuf à Paris. Par comparaison, 30 610 transactions dans lancien ont été enregistrées dans la capitale en 2020 selon les Notaires du Grand Paris
Construction compliquée. Bâtir du neuf dans la capitale est un vrai défi. Dans cette ville ultra dense, les terrains sortent au compte-gouttes. Les permis de construire obéissent à des règles strictes tant en termes durbanisme que de technique et il faut des années pour décrocher les permis de construire. En outre, la ville a pour politique de favoriser le logement social, ce qui réduit forcément loffre privée sur ce marché contraint. Résultat : seuls 404 logements neufs ont été mis sur le marché en 2020, un plongeon de 23% par rapport à 2019 A fin décembre 2020, seuls 635 appartements neufs sont disponibles à la vente.
Cher mètre carré. Les prix parisiens du neuf atteignent des sommets. Selon létude de lAdil 75, le mètre carré moyen hors parking saffiche à 12 917 €, stable sur un an. Grosso modo, la moyenne démarre aux alentours de 10 000 € du mètre carré dans le quart nord-est (XVIIIe et XIXe arrondissements) pour culminer à un peu plus de 15 000 € du mètre carré dans les XVIe et XVIIe arrondissements. Des niveaux qui sexpliquent par la cherté des terrains, par de fortes contraintes techniques et urbanistiques, par la longueur de montage des opérations, laquelle est augmentée par des recours très fréquents contre les permis de construire.
Des logements à moitié prix à Paris !
Devenir propriétaire dun logement dans la capitale à 5 000 € du mètre carré ? Cest possible avec la première opération lancée par la ville sous le régime du Bail réel solidaire (BRS). Lidée : séparer le prix du terrain de celui de la construction. Lacquéreur est propriétaire des murs et verse un loyer (2,5 € par mois et par mètre carré) pour le terrain. Pour bénéficier de ce type dopération, le ménage acquéreur doit respecter des plafonds de ressources (52 000 € par an pour un couple avec un enfant par exemple). Et la revente est encadrée. La première opération a été lancée début avril dans le XIVe arrondissement et dautres suivront, la mairie sétant fixé un objectif de produire 6 000 logements sous BRS dici 2026.
Performance. Malgré létroitesse de loffre, le neuf à Paris propose bien des atouts, à commencer par un très grand confort. Et puis la qualité est au rendez-vous, avec un Plan climat parisien qui impose des performances supérieures à celles fixées par les normes actuelles. Dans le neuf, on sépargne également la coûteuse et complexe rénovation à laquelle lancien va être confronté. Avec la loi Climat et résilience en discussion au Parlement, les biens classés G sur le diagnostic de performance énergétique (DPE) seront interdits à la location dès 2025. Même sanction pour les biens classés F en 2028 et pour les logements E en 2034. Le neuf parisien, lui, est classé A.
Et demain ? Il ne faut pas vraiment compter sur une hausse de loffre. Bien sûr, on bâtira encore à Paris. Mais les terrains sont condamnés à se raréfier. Loffre privée a dautant plus de probabilités de se réduire que lessentiel des nouveaux logements sera destiné au parc social. Sans compter que Paris, ville-monde par excellence, conserve de lattractivité et loffre, dans le neuf comme dans lancien, restera inférieure à la demande. A la clé : un retour inéluctable de linflation immobilière. Dailleurs, les chiffres montrent que sur le long terme (dix à douze ans) les prix montent toujours à Paris. Ceux qui ont acheté en 1991 ont certes connu une baisse jusqu'en 1996, mais ils ont récupéré leur mise dès la mi-2002 selon les Notaires du Grand Paris.