Renouer avec danciennes pratiques et les réinterpréter sous le sceau dun savoir-faire technologique. Un exercice dans lequel Montpellier se plait à exceller. Dans la tradition des Folies du XVIIIe siècle, la Ville a décidé d'impulser la création dune douzaine douvrages, témoins de la vitalité et de linnovation de son patrimoine urbain. Après la Folie Divine, lArbre Blanc est la seconde construction née de cette volonté de transformer la ville en laboratoire architectural. Imaginé par un collaboratif darchitectes, Sou Fujimoto, Nicolas Laisné et Manal Rachdi*, limmeuble anime de sa singulière silhouette les rives du Lez et fascine autant quil interroge.
Prouesse technologique. 93 balcons métalliques hérissés sur les flancs, et dans le vide, comme les branches dun cerisier. Larchitecture de lArbre Blanc ne laisse pas indifférent. Le résultat ? 110 appartements dotés de terrasses suspendues de 10 à 30 m2, comme de petites pièces supplémentaires, orientées dans de multiples directions. « Avec ses espaces en porte à faux, lArbre Blanc est une véritable prouesse technologique », une première pour sadapter à une ville qui bénéficie de trois cents jours densoleillement par an.
Point culminant de la ville. D'une hauteur de 56 mètres, l'Arbre Blanc est un espace commun de vie de 17 étages. « Nous proposons une nouvelle façon dhabiter », confirme Manal Rachdi. « Tous les copropriétaires quel que soit létage de leur logement pourront profiter du panorama. » Sur le toit, un bar, un restaurant et un espace de détente sont pour lheure réservés aux résidents. Une conciergerie devrait aussi voir le jour avec un employé permanent. A noter, les deux premiers niveaux accueillent un restaurant, une galerie d'art et des bureaux.
Projet écologique. Conformément aux sensibilités des porteurs de projet, la construction est éco-conçue. Le choix de matériaux durables et écologiques, des façades élargies qui protègent de la surchauffe et du froid, lorientation du bâtiment tout est judicieusement pensé pour être pérenne sans nuire à l'environnement. « Pour nous, l'écologie est évidente, nécessaire et la réflexion que nous menons sur la durabilité de nos bâtiments se doit d'être pragmatique », insiste Manal Rachdi.
Vivre dehors : Les séjours et les chambres se trouvent en liaison directe avec l'extérieur par le biais des terrasses agrémentées de brise-soleil et jardinières, positionnées en quinconce, de façon à donner le sentiment d'intimité. Habillées de bois Accoya®, elles prolongent les habitations de 7 à 8 mètres en porte-à-faux de la façade et offrent une vue plongeante dans la nature environnante « Jai toujours pensé que la nature et larchitecture pouvaient sintégrer harmonieusement », explique Sou Fujimoto, le célèbre architecte japonais.
Un bois adapté au climat. Le bois massif Accoya® a été choisi pour sa grande résistance à la pourriture et sa stabilité dimensionnelle sans équivalent. Il est parfait pour concevoir des platelages bois capables de résister au climat méditerranéen. « Performant, léger et d'aspect clair et sans nud, c'est le bois le mieux adapté au projet car il devra résister aux intempéries tout en prenant une patine grise et esthétique dans le temps », ajoute les concepteurs.
Le prix du succès. Ces multiples atouts ont permis à LArbre Blanc de connaître un réel engouement et ce même avec un prix du mètre carré atteignant les 6 000 pour les derniers niveaux. La commercialisation est allée bon train puisque tous les lots sont vendus depuis longtemps. Une réussite qui en appelle dautres car lagglomération montpelliéraine ne fait pas mystère de son ambition, celle dêtre un laboratoire à ciel ouvert.
* Les promoteurs montpelliérains Promeo, Crédit Agricole Languedoc-Roussillon, Evolis et Opalia (garants de la bonne mise en uvre des opérations) sont les autres acteurs engagés dans cette aventure singulière.

