Marché du neuf : état des lieux

Anabelle Martinat
Mis à jour par
le 14 février 2018
Journaliste chez PAP.fr

La construction de logements neufs s'est globalement bien maintenue en 2017 en France, malgré un fléchissement des ventes au quatrième trimestre. Le marché fera-t-il mieux en 2018 ?

© Franck Paubel

Si l’on s’en tient aux derniers chiffres du ministère de la Transition écologique et solidaire, le marché de la promotion privée a connu une année 2017 plutôt dynamique. Avec une légère hausse de la vente de logements neufs, soit 2,1%, par rapport à 2016, autant dire que le bilan est même satisfaisant. Seule ombre au tableau, les mauvaises performances du quatrième trimestre qui viennent quelque peu ternir ces résultats.

Chiffres en baisse. 34 700 logements neufs ont en effet été vendus, soit 3,8% de moins qu'au quatrième trimestre 2016. Une baisse portée à la fois par le collectif (- 2,9%) et l'individuel (- 12,9%). Parallèlement les mises en vente ont diminué plus fortement, - 13,2% par rapport au quatrième trimestre 2016.
Cet ajustement du volume de nouveaux logements commercialisés permet aux promoteurs de stabiliser l'encours de logements proposés à la vente en fin d'année (104 000 logements) soit + 0,4 par rapport au niveau observé fin 2016.

Appartements : les mises en vente fléchissent. Au quatrième trimestre 2017, les réservations d’appartements sont en repli de 2,9% par rapport au quatrième trimestre 2016. Le recul est plus prononcé pour les studios (- 11,6%). Cependant, sur l'année 2017, les réservations restent en hausse de 2,6% par rapport à 2016.
Les mises en vente se contractent (- 12,1%) par rapport au quatrième trimestre 2016. Une fois de plus les petites surfaces trinquent et affichent une baisse importante. Les prix de vente sont quant à eux stables, après une légère baisse en début d'année, un appartement est vendu en moyenne 4 000 € le mètre carré fin 2017, comme au quatrième trimestre 2016.

Maisons individuelles : réservations en baisse. Les réservations de maisons individuelles sont également en net repli par rapport au quatrième trimestre 2016 (- 12,9%). Au total, sur l'année 2017, elles ont diminué de 3,1% par rapport à 2016.
L'ajustement à cette conjoncture se traduit par un fort recul des mises en vente (- 22,9% par rapport au quatrième trimestre 2016) qui s'établissent à 2 600 unités ce trimestre. En conséquence, l'encours de logements diminue (- 6,7%) et atteint 8 800 unités en fin d'année.
Dans le même temps, les prix des maisons augmentent sensiblement, sous l'effet de réservations de maisons de haut standing. Au quatrième trimestre 2017, une maison individuelle coûte en moyenne 269 000 €, soit une progression de 5,9% par rapport au dernier trimestre 2016.

Résultats régionaux. Sans équivoque, la plupart des régions épousent la tendance nationale à savoir une baisse des réservations et des mises en vente par rapport au quatrième trimestre 2016. Seule exception, la région Grand Est qui se distingue sur les deux tableaux. Concernant le Centre-Val-de-Loire, la Corse, l'Ile-de-France et l'Occitanie, les mises en vente se replient alors que les réservations connaissent une hausse significative.

Quelles perspectives pour 2018 ? Si elle ne peut donner un prévisionnel précis des perspectives 2018, la Fédération des promoteurs immobiliers, la FPI, se veut néanmoins optimiste quant à la poursuite de l’activité. « Le marché de l'immobilier neuf devrait « rester actif cette année en raison des taux de crédit immobilier particulièrement bas ». En dépit d’une légère remontée en 2017, les taux des crédits immobiliers accordés par les banques sont en effet restés très attractifs - 1,51% en moyenne en décembre, selon l'observatoire Crédit Logement/CSA - contribuant à solvabiliser les ménages souhaitant acquérir un logement

Côté mises en chantier. « Elles pourraient connaître une hausse beaucoup plus modérée », anticipe la FPI.  Rappelons que le dernier trimestre 2017 fait état d’une bien modeste croissance des mises en chantier, + 4,9% seulement sur un an. Une situation due notamment aux incertitudes sur la reconduction, par le gouvernement, du PTZ et de l'allègement fiscal Pinel pour l'investissement locatif - finalement prorogés pour 4 ans, mais recentrés sur les zones " tendues " (en déficit de logements). A suivre donc.


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