Bonne nouvelle : 97 % des chantiers ont repris en région parisienne à fin mai 2020 signale la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) Île-de-France. « Depuis la publication du guide de l'OPPBTP*, nous avons tout mis en uvre pour appliquer les préconisations sanitaires et, chantier par chantier, avec les maîtres d'uvre, les coordonnateurs sécurité et prévention de la santé, et avec les entreprises du bâtiment, nous avons construit ensemble les conditions de la reprise des chantiers », explique Marc Villand, président de la FPI Île-de-France.
Gestes barrières. Concrètement, les promoteurs ont mis les bouchées doubles pour que lactivité puisse reprendre dans les conditions les moins dégradées possibles. Ils ont par exemple doublé les bases de vie sur site, implanté des points deau à chaque étage des immeubles, mis en place les sens uniques de circulation pour éviter que les personnels ne se croisent, tandis que les équipements indispensables (gels, masques, etc.) ont été fournis aux compagnons. Un accent particulier a été mis sur linformation et la formation des équipes.
Mises en vente : la chute. Si les grues et autres bétonneuses recommencent à tourner à Paris, en petite et en grande couronne, la FPI dÎle-de-France fait part de ses inquiétudes concernant le renouvellement de loffre et la nécessité de répondre à une très forte demande. Les promoteurs franciliens citent une étude du Centre d'analyse et de précisions immobilières (CAPEM) selon laquelle 2 100 logements neufs tous types d'habitats confondus ont été mis en vente au premier trimestre 2020 sur la région, « une chute de 67 % par rapport à la même période de 2019 ».
Question de permis. Pourquoi ce plongeon ? « Les municipales ont gelé la délivrance des permis de construire, avant même que la crise sanitaire n'apparaisse », pointe Marc Villand. « Les permis de construire qui ne sont pas attribués depuis des mois et encore aujourd'hui, c'est autant de nouveaux chantiers qui ne pourront pas débuter fin 2020 ou début 2021, avec de fait des impacts inévitables sur l'emploi et les entreprises du bâtiment. Les mises en vente de logements neufs, sur le deuxième trimestre 2020, risquent d'être quasiment inexistantes », salarme-t-il.
Marché sous tension. Avec la chute des mises en vente, loffre recule et il ny a pas assez de logements pour satisfaire la demande. 5 800 logements ont été réservés au premier trimestre 2020, un plongeon de 43% par rapport à la même période de 2019 selon le Capem. Une tendance qui ne date pas dhier. Au quatrième trimestre 2019, les mises en vente baissent de 33 %, loffre de 25 %, les ventes de 14 %... À lépoque, cette offre représente 7,2 mois de ventes, alors quun délai de douze mois est signe déquilibre entre loffre et la demande. La crise n'a rien arrangé et aujourd'hui comme hier, les premiers arrivés sont les mieux servis.
Côté prix. Ces tendances ne militent pas pour une baisse des prix. Dautant que la crise de la Covid-19 a fait grimper les coûts de construction et de portage des opérations. Cest aussi loccasion de rappeler que les prix du neuf relèvent dun ensemble de facteurs économiques sur lesquels il est très difficile dinfluer. Les terrains sont très chers, les entreprises de bâtiment doivent vivre, les promoteurs doivent payer leurs assurances et les intérêts de leurs crédits, des taxes En 2019, le neuf francilien sétablit à 5 187 € hors parking, en hausse de 3,9 % par rapport à 2018.
Pistes constructives. Pour faciliter la délivrance des permis de construire, la FPI Île-de-France demande laccélération de la numérisation de ces procédures. Elle propose aussi la création dun permis de construire spécial, le PC Covid, qui repose sur une simplification et un allègement du traitement des dossiers jusquau 31 décembre 2020. « Les promoteurs franciliens ont tout mis en uvre pour que le reprise se déroule rapidement et efficacement », indique Marc Villand. « Nous demandons à l'Etat et aux collectivités locales de nous aider à travailler et à produire pour la relance de l'activité. »
* Le Guide OPPBTP recense toutes les bonnes pratiques nécessaires à la reprise des chantiers en période de pandémie et détat durgence sanitaire. Créé par les pouvoirs publics (ministère du Travail, Haut Conseil pour la santé, etc.) en partenariat avec les organisations professionnelles du bâtiment, il est régulièrement mis à jour pour réduire les risques sanitaires.