Immobilier neuf : les pistes du logement de demain

Avec l’arrivée de nouvelles normes, de l’habitat connecté et des nouveaux usages, le logement neuf se réinvente. Gros plan sur les principales évolutions en matière de réglementation, d’habitat bas carbone et de solutions connectées.

© Vasily Merkushev/Fotolia

Ça bouge dans le logement neuf ! Avec l’arrivée prochaine de la réglementation environnementale, la RE 2020, les nouveaux programmes devront produire davantage d’énergie qu’ils n’en consomment. Ils devront aussi réduire leur empreinte carbone tout au long de leur cycle de vie. Les constructions seront toujours plus étanches et isolées. Du coup, la qualité de l’air intérieur deviendra un sujet majeur. Les logements, quant à eux, doivent s’adapter à de nouveaux usages tout en étant de plus en plus connectés et intelligents.

Rencontre constructive. Pour faire le point sur ces chantiers important et préparer l'avenir du neuf, LCA-FFB (Les Constructeurs Aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment) a organisé sa seconde Journée technique à Paris mi-octobre 2018. Promoteurs, bureaux d’études, industriels du bâtiment, énergéticiens ou aménageurs fonciers, plus de 200 spécialistes se sont rencontrés pour échanger autour de ces thèmes d’importance, qui structurent l’immobilier neuf d’aujourd’hui et de demain.

Label énergie/carbone : où en est-on ? Premier enjeu : le label expérimental E+/C- (Energie Plus/Carbone moins). Il sert à tester les solutions techniques à mettre en place dans le cadre de la prochaine réglementation environnementale (RE 2020), qui remplacera la réglementation actuelle (RT 2012) d’ici deux ans. Ce label instaure quatre niveaux d’énergie, de 1 (le plus facile à atteindre) à 4 (le plus exigeant puisqu’il associe bâti ultraperformant et production d’électricité). En matière de carbone, deux niveaux sont mis en place. Le premier (C1) identifie les points à respecter pour réduire l’empreinte carbone des bâtiments. Le second (C2) met en avant les programmes immobiliers qui font appel à des solutions locales, recyclables, peu émissives en CO2 pour un habitat vraiment décarboné.  

Le casse-tête de l'habitat décarboné. Les premiers retours d’expérience du label E+/C- indiquent un seuil d’exigence très, voire trop élevé. Pour les intervenants de LCA-FBB, certains points doivent être revus à la baisse pour être réalisables et pour limiter les coûts de construction. Trois pierres d’achoppement sont soulevées : « le seuil Carbone 2 s’avère très difficile à atteindre avec les modes constructifs couramment employés », affirment-ils. Fondations et parkings, par exemple, nécessitent beaucoup de béton, ce qui augmente le bilan carbone. Concernant l’énergie, le niveau E3 « nécessite une production locale d’électricité » et le E4 « semble difficilement atteignable, du fait de l’impact carbone d’une surface trop importante des panneaux photovoltaïques ».

Le défi de la qualité de l’air. La loi ELAN récemment adoptée prévoit un indicateur pour la qualité de l’air dans la future RE 2020. Mais ce dernier reste à définir : tiendra-t-il compte du taux d’humidité ? Des niveaux de dioxyde de carbone, le principal gaz à effet de serre ? Des composés organo-volatils, ces polluants fréquemment rencontrés dans les logements ? Quel que soit l’indicateur retenu, la solution pour un air plus sain passera nécessairement par une augmentation de la ventilation à l’intérieur des logements. Il faudra donc trouver un équilibre entre deux objectifs apparemment contradictoires : favoriser le renouvellement d’air tout en maintenant à la baisse la consommation d’énergie.

La modularité qui gagne du terrain. Sur le papier, la perspective de créer un logement capable de s’adapter aux différentes étapes de la vie est séduisante pour les particuliers. Mais dans la réalité, des écueils techniques, économiques et juridiques freinent la généralisation de ce que l’on nomme la modularité. Pour autant, des promoteurs mettent d’ores et déjà en place des solutions. Certains commercialisent des logements qui s’accompagnent d’un espace de vie que l’on peut rattacher ou séparer du bien principal pour créer par exemple un studio. D’autres proposent des appartements aux pièces modulables, un T4 pouvant devenir facilement un T3 ou un T5 en gardant la même surface grâce à des cloisons que l’on peut ajouter ou enlever.

Logement connecté : quelles perspectives ? Lui aussi synonyme de modernité, le logement connecté peine à se faire accepter. Vis-à-vis de technologies perçues comme intrusives, la frilosité du public est bien réelle. Ces solutions constitueront pourtant une part indissociable de l’identité des logements de demain : consommation énergétique maîtrisée, assistance à la vie quotidienne, sécurité… Mais dans ce domaine, les perspectives sont plus positives. Ces outils qui simplifient la vie existent déjà et ne demandent qu’à être largement adoptés. Certains promoteurs commercialisent actuellement des logements connectés. Prééquipés, ils permettent l’installation facile de packs domotiques dédiés à la gestion du chauffage, de l’éclairage ou encore de la sécurité.

Maquette numérique : nouvelles dimensions. Dernier axe majeur évoqué au cours de cette Journée Technique : la modélisation 3D intelligente. Grâce à elle, l’architecture se conçoit dans une nouvelle globalité. Les différents intervenants d’un projet peuvent en effet simuler et visualiser des situations : les problèmes techniques sont anticipés, les études thermiques et environnementales facilitées. Ce processus stimule la compréhension des informations des intervenants et de leurs collaborateurs. Bien que le chemin soit encore long pour s’approprier ces logiciels complexes et les faire communiquer entre eux, les acteurs de la LCA-FFB affirment s’employer à mettre en œuvre les outils et les compétences qui permettront la généralisation du recours à cette technologie.


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