Les promoteurs ont de plus en plus de mal à alimenter le marché. Au premier trimestre 2020, 14 019 maisons et appartements neufs ont été lancés en commercialisation, un plongeon de 50,20 % par rapport au premier trimestre 2019 selon lObservatoire de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) paru le 11 juin dernier. Il sagit du plus bas niveau depuis la fin 2008 selon cette organisation. Pire : la chute survient avant même que la crise de la Covid-19 et le confinement aient produit leurs effets sur le marché et bloquent la construction !
Permis bloqués. Pour Alexandra François-Cuxac, présidente de la FPI, « la chute des mises en vente tient aux délais dobtention des permis de construire, qui sallongent démesurément avec les municipales. Pire : de nombreuses opérations sont bloquées faute davoir obtenu leurs autorisations ». La FPI pointe également les nombreux recours abusifs contre ces mêmes permis, le manque dentreprises et des coûts de travaux élevés qui là encore retardent les lancements de programmes.
Offre en baisse. Avec des mises en vente qui dévissent, loffre recule. Au 31 mars 2020, 91 040 maisons et appartements sont en cours de commercialisation, une baisse de 14,3 % sur un an. Mais surtout, « cette offre ne compte plus que pour 9,3 mois de fonctionnement du marché alors quun délai de douze mois est signe déquilibre entre loffre et la demande », pointe Marc Villand, vice-président de la FPI, qui sinquiète de ces tensions croissante « alors que les besoins en logements restent élevés ».
Limpact sur les transactions. Sil y a moins doffre, il y a forcément moins de ventes. Les promoteurs ont enregistré 26 969 réservations au détail (ventes aux particuliers) au premier trimestre 2020 contre 38 475 sur la même période de 2019, un recul de près de 30 %. « Si la baisse garde ce rythme, les ventes vont plonger de 50 000 unités en 2020, avec toutes les conséquences que lon imagine sur la satisfaction des besoins, la croissance, lemploi et les rentrées fiscales », salarme Alexandra François-Cuxac.
Côté prix. Dans ce contexte très tendu, les prix continuent de monter. Une hausse qui reste cantonnée à 2,3 % si lon compare le premier trimestre à la même période de 2019. Les promoteurs sefforcent de limiter la casse, sachant quune dérive désolvabiliserait leurs clients. Il faut aussi rappeler que les prix du neuf relèvent de facteurs économiques incompressibles (coût des terrains et de la construction, taxes, etc.) et que de nombreuses impositions techniques et réglementaires ont un effet inflationniste.
Relance demandée. Les chiffres du deuxième trimestre seront plus mauvais. « Avec lépidémie, toute la filière sest arrêtée net », indique la présidente de la FPI. « Le retard accumulé sera difficile à rattraper. Si le Gouvernement intègre la construction neuve dans son plan de relance, elle pourra générer de la croissance et sauver des milliers demplois. Il faut que ce plan de relance recrée de la confiance mais aussi accélère la transformation écologique et numérique de notre secteur. »
Opportunités à saisir ? Une offre qui recule, des prix en hausse, une crise de loffre qui mettra du temps à être absorbée, mais aussi des besoins qui restent forts (il y aura quatre millions de ménages en plus dici 2030 ). Les candidats à la résidence principale comme à linvestissement locatif ont intérêt à ne pas trop tarder à se lancer. Sils peuvent encore trouver aujourdhui le bien qui correspond à leurs attentes, ce ne sera peut-être plus le cas demain.
Prix des logements neufs dans les métropoles françaises au premier trimestre 2020 (source : FPI France). Pour l'essentiel, les mouvements de prix tiennent à des phénomènes de localisation. Un grand nombre de programmes lancés en centre-ville, là où les terrains sont les plus chers, fait automatiquement monter le mètre carré, par exemple.
