Innovation : un promoteur immobilier parie sur la mobilité urbaine aérienne

Vous souvenez-vous du taxi volant de Korben Dallas, dans « Le Cinquième Élément » de Luc Besson ? Si le look du célèbre B90 appartient au domaine de la fiction, l’idée de court-circuiter les bouchons en ville en effectuant ses trajets dans les airs s'engouffre dans le réel. Démonstration avec le concept novateur d'un promoteur immobilier qui anticipe les évolutions de la mobilité urbaine.

Bien que la crise sanitaire mondiale de 2020 ait un temps suspendu les villes dans un silence quasi dystopique, depuis, les bouchons ont repris de plus belle. Classée 42e mondiale et couronnée « première ville la plus embouteillée de France » avec un taux de congestion plafonnant à 39 % en 2019 (selon le Tom-Tom Traffic Index), Paris souffre, et elle n’est pas la seule : à Londres, Bruxelles, Rome (où ce taux avoisine les 38 %) comme à Berlin (32 %), tous les usagers des grandes villes sont aux prises avec le même problème.

L’émergence d’un nouveau mode de transport. Fort de ce constat, la volonté de développer une filière de mobilité aérienne urbaine avec décollage et atterrissage verticaux a fait son chemin, boostée par la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 : grands groupes, PME, start-up, laboratoires et universités se mobilisent actuellement pour imaginer les véhicules, les infrastructures urbaines et l’intégration dans l’espace aérien de ce mode de transport futuriste. Porté par cette effervescence, le promoteur immobilier Aqprim a fait breveter le premier concept d’immeuble avec vertiport Airnova© en France. L’idée ? Essaimer, dans les agglomérations importantes, des immeubles de grande hauteur dont le toit et l'architecture seraient étudiés pour permettre à des taxis aériens et à des drones de livraison de se poser en toute sécurité, au cœur des villes.

Tout un réseau à imaginer. Le manque d’infrastructures en ville — et à plus longue échéance, en interurbain — doublé de la nécessité d’éviter l’artificialisation des sols comme lors de la construction d’une aérogare ou d’un hub (c'est à dire d'une plateforme de correspondance de réseaux de transports), a poussé Laurent Mathiolon, promoteur immobilier bordelais, fondateur d’Aqprim, à orienter ses recherches vers le l'élaboration d’un maillage permettant des liaisons rapides, sans émissions polluantes, et connectées aux réseaux de transports terrestres et fluviaux. En 2019, il a donc imaginé Airnova©. Accompagné par Henri Guérin, consultant en communication d’innovation, ce projet a nécessité des mois de consultation et d’échanges pour consolider leur dépôt de brevet. Des cabinets d’architecture, des urbanistes, des acousticiens, de grands bureaux d’études français experts en aéronautique ainsi que des concepteurs d’hélistation d’hôpitaux, de conciergerie et d’opérateurs leur ont apporté leur expertise.

Des immeubles spécifiques. Résultat de ces mois d'efforts : l'émergence d'une mobilité « en saut de puce » depuis les plateformes surélevées d’immeubles de grande hauteur dont la structure — étudiée et conçue pour cet usage — autorisera les mouvements aéronautiques sans interférer ni sur la vie quotidienne des usagers des bâtiments concernés, ni sur la destination de ces derniers (que leur fonction soit d’habitation, ou professionnelle). Ainsi, pour les particuliers souhaitant faire appel aux services d’un aéronef à décollage vertical, le parcours commencera au sol, depuis l’espace public, par le biais d’un ascenseur réservé aux passagers. Et dans le cadre de la gestion des colis des particuliers ou des commerçants, un distributeur en conciergerie sera quant à lui chargé de l'administration des flux.

Le brevet, déposé en avril 2020, sera publié en octobre 2021 et étendu à l’étranger, notamment par la voie du brevet européen qui regroupe actuellement 38 états membres. Plus d'informations : aqprim.com

Publié par -