Chaque trimestre, lInsee sonde les promoteurs pour connaître leur perception du marché. Le dernier numéro de cette enquête laisse apparaître un certain optimisme chez ces professionnels. « En janvier 2021, lopinion des promoteurs sur la demande de logements neufs saméliore par rapport à octobre 2020 mais reste inférieure à sa moyenne de longue période », révèle ce document paru le 26 janvier dernier. Autre indication positive : les promoteurs sont plus nombreux à prévoir des mises en chantier au cours des trois prochains mois. Cet indicateur « rebondit nettement et repasse au-dessus de sa moyenne de longue période ». Une tendance qui concerne aussi bien la résidence principale que linvestissement locatif.
Besoins. Si le marché est demandeur, cest parce que les besoins en logements restent forts. Le nombre de ménage augmente plus vite que celui de la population et ils seront quatre millions de plus dici 2035. Il faut aussi rappeler que la France a sous-construit pendant des années et que le retard sera très long à rattraper. Dans lancien, loffre baisse, ce qui pousse de nombreux candidats à lachat à se tourner vers les nouveaux logements. On ajoutera que le neuf est un secteur aidé par les pouvoirs publics via le PTZ pour les accédants à la propriété et le dispositif Pinel pour les investisseurs.
Patrimoine. Et puis il y a la volonté de construire lavenir, de bâtir un patrimoine durable. Un sentiment particulièrement fort chez les jeunes. Une étude Deloitte pour la Fédération des promoteurs immobiliers paru mi-décembre 2020 montre que 94 % des jeunes actifs et des étudiants pensent que lachat dun logement est une dépense prioritaire. Pour eux, cest une sécurité, une épargne (ils comptent bien préparer leur retraite), une marque de réussite sociale. 60 % dentre eux préfèrent le neuf, un type de logement qui offre confort, qualité et absence de travaux.
Argent. Selon lInsee, les promoteurs, en janvier 2021, sont plus nombreux quen octobre 2020 à indiquer une hausse du prix moyen des logements mis en vente. Ils tablent sur une hausse des moyens de financement des particuliers au cours des prochains mois. Pour ce faire, acquéreurs comme investisseurs bénéficient de taux immobiliers au plus bas et dun assouplissement des conditions demprunt. En 2021, le taux deffort maximal passe à 35 % des revenus contre 33 % en 2020 tandis que la durée maximale des prêts est portée à vingt-sept ans (vingt-cinq ans en 2020).
Offre. Daprès lEnquête sur la commercialisation des logements neufs du ministère de la Transition écologique, loffre de nouveaux logements « passe de 109 600 unités à la fin du troisième trimestre 2019 à 95 200 (- 13,1 %) à la fin du troisième trimestre 2020 ». Et les choses ne risquent pas de sarranger. Toujours selon le ministère, 381 600 logements tout secteurs confondus (y compris le social et les maisons de constructeurs) ont obtenu leur permis de construire en 2020, soit 65 000 de moins quen 2019 (- 14,7 %). Or les permis daujourdhui, ce sont les mises en vente de demain
Réaction. Comment les candidats à lachat comme à linvestissement locatif peuvent-ils réagir ? Réponse : avec une offre qui va continuer à reculer, les premiers arrivés sont forcément les mieux servis. Surtout dans un contexte de prix qui risquent de bientôt repartir à la hausse. Certes, ils nont progressé que de 0,3 % entre le troisième trimestre 2019 et le troisième trimestre 2020 selon la Fédération des promoteurs immobiliers. Une accalmie sans doute temporaire : offre inférieure à la demande, terrains chers, coûts de construction élevés nont jamais fait baisser le mètre carré. Bref, le neuf daujourdhui est forcément moins cher que celui de demain