Le-Pré-Saint-Gervais : le neuf au service d’une nature citadine

Au Pré-Saint-Gervais (93), une friche industrielle va céder la place au plus grand espace vert public de la ville et à une centaine de logements. Découverte d’un projet alliant écologie, participation citoyenne et mixité sociale.

Une mue progressive...
Une mue progressive... © Cogedim

Voici une transformation qui s’annonce radicale. Après avoir remporté l'appel à projets lancé par la ville du Pré-Saint-Gervais, c’est « Forêt demain », porté par Cogedim, et Habitat et Humanisme, qui sera chargé de métamorphoser l'ancien site industriel Busso. Pourquoi ce projet plutôt qu’un autre ? Sans doute pour sa volonté de tourner le dos au tout minéral. Il est vrai qu'avec cette proposition, le béton recule : la surface d'emprise bâtie fondra comme neige au soleil, passant de 3471 m² à 973 m². Du côté des espaces verts, en revanche, les 10 m² initiaux prendront des proportions enthousiasmantes, croissant jusqu'à atteindre 3317 m² de surface de pleine terre d'un seul tenant. Aménagés en parc, ces mètres carrés seront le symbole de la « résurrection verte » d'un quartier transfiguré.

Faciliter l’accession à la propriété. Au sud de la parcelle, Cogedim réalisera un ensemble résidentiel dessiné par l’architecte Pascale Dalix. La spécificité de la centaine d’appartements qui sortira de terre ? Une mixité sociale organisée : environ 30 % d’entre eux seront vendus en accession libre. 30 % seront dévolus au locatif social et les 40 % restant seront vendu en accession abordable Comment ? Grâce au montage en BRS (Bail Réel Solidaire) porté par l’OFS (Organisme Foncier Solidaire) d’Habitat et Humanisme : ce mécanisme anti-spéculatif permet de plafonner le prix de vente des logements et soumet les acquéreurs successifs à des conditions de ressources.

Comment ça marche ? Ce montage repose sur la dissociation du foncier et du bâti : l’OFS est propriétaire du terrain. Les logements construits sur cette parcelle sont soumis au BRS : les acquéreurs n’en achètent que les murs, et  payent tous les mois une redevance à l’OFS pour l’occupation du terrain (soit 2 à 4 €/m² habitable). Afin de limiter la spéculation dans le temps, la revente des appartements concernés se fait sous conditions de ressources et à prix encadrés.

Une conception bioclimatique. Et le programme ? Conçu comme un village vertical, le projet s'axe sur une implantation pensée pour permettre, outre la réalisation d’un corridor écologique, de favoriser l’espace vert en pleine terre. Mais l’architecture et le gabarit des immeubles construits permettront également l’instauration de trouées au service de l’air et de la lumière : dans les appartements, l’ensoleillement sera optimisé tout au long de l’année et une bonne circulation de l’air favorisera le rafraîchissement naturel des logements pendant la saison chaude.

Un espace vert à créer. Un collectif incitera les habitants à venir s’emparer physiquement du sujet en participant à des missions de reconnaissance des essences locales. Car « côté jardin », le projet s'engagera sur les pas du botaniste japonais Miyawaki. Ainsi, selon ses préconisations, 50 espèces autochtones devront être identifiées et leurs graines récoltées. Le but ? Les semer lors de plantations collectives, selon une densité calquée sur celle des forêts primaires. Pourquoi ? Pour permettre aux végétaux de s’entraider et de croître de façon autonome, sans nécessiter d’intervention humaine. Au final, plus de 5000 arbres devraient être plantés. Et l’aventure ne s’arrêtera pas au plancher des vaches : en hauteur aussi, on aura la main verte : 1000 m² de toits végétalisés seront dévolus au jardinage. Pour finir, un tiers-lieu organisera de nombreux ateliers chaque année : herbier, sérigraphie végétale, co-plantation, co-construction d’habitats pour la faune sauvage locale… de quoi renouer avec la nature tout en tissant des liens avec ses voisins ! Plus d’informations : www.cogedim.com


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