Voici une transformation qui sannonce radicale. Après avoir remporté l'appel à projets lancé par la ville du Pré-Saint-Gervais, cest « Forêt demain », porté par Cogedim, et Habitat et Humanisme, qui sera chargé de métamorphoser l'ancien site industriel Busso. Pourquoi ce projet plutôt quun autre ? Sans doute pour sa volonté de tourner le dos au tout minéral. Il est vrai qu'avec cette proposition, le béton recule : la surface d'emprise bâtie fondra comme neige au soleil, passant de 3471 m² à 973 m². Du côté des espaces verts, en revanche, les 10 m² initiaux prendront des proportions enthousiasmantes, croissant jusqu'à atteindre 3317 m² de surface de pleine terre d'un seul tenant. Aménagés en parc, ces mètres carrés seront le symbole de la « résurrection verte » d'un quartier transfiguré.
Faciliter laccession à la propriété. Au sud de la parcelle, Cogedim réalisera un ensemble résidentiel dessiné par larchitecte Pascale Dalix. La spécificité de la centaine dappartements qui sortira de terre ? Une mixité sociale organisée : environ 30 % dentre eux seront vendus en accession libre. 30 % seront dévolus au locatif social et les 40 % restant seront vendu en accession abordable Comment ? Grâce au montage en BRS (Bail Réel Solidaire) porté par lOFS (Organisme Foncier Solidaire) dHabitat et Humanisme : ce mécanisme anti-spéculatif permet de plafonner le prix de vente des logements et soumet les acquéreurs successifs à des conditions de ressources.
Comment ça marche ? Ce montage repose sur la dissociation du foncier et du bâti : lOFS est propriétaire du terrain. Les logements construits sur cette parcelle sont soumis au BRS : les acquéreurs nen achètent que les murs, et payent tous les mois une redevance à lOFS pour loccupation du terrain (soit 2 à 4 €/m² habitable). Afin de limiter la spéculation dans le temps, la revente des appartements concernés se fait sous conditions de ressources et à prix encadrés.
Une conception bioclimatique. Et le programme ? Conçu comme un village vertical, le projet s'axe sur une implantation pensée pour permettre, outre la réalisation dun corridor écologique, de favoriser lespace vert en pleine terre. Mais larchitecture et le gabarit des immeubles construits permettront également linstauration de trouées au service de lair et de la lumière : dans les appartements, lensoleillement sera optimisé tout au long de lannée et une bonne circulation de lair favorisera le rafraîchissement naturel des logements pendant la saison chaude.
Un espace vert à créer. Un collectif incitera les habitants à venir semparer physiquement du sujet en participant à des missions de reconnaissance des essences locales. Car « côté jardin », le projet s'engagera sur les pas du botaniste japonais Miyawaki. Ainsi, selon ses préconisations, 50 espèces autochtones devront être identifiées et leurs graines récoltées. Le but ? Les semer lors de plantations collectives, selon une densité calquée sur celle des forêts primaires. Pourquoi ? Pour permettre aux végétaux de sentraider et de croître de façon autonome, sans nécessiter dintervention humaine. Au final, plus de 5000 arbres devraient être plantés. Et laventure ne sarrêtera pas au plancher des vaches : en hauteur aussi, on aura la main verte : 1000 m² de toits végétalisés seront dévolus au jardinage. Pour finir, un tiers-lieu organisera de nombreux ateliers chaque année : herbier, sérigraphie végétale, co-plantation, co-construction dhabitats pour la faune sauvage locale de quoi renouer avec la nature tout en tissant des liens avec ses voisins ! Plus dinformations : www.cogedim.com