La propriété immobilière un concept totalement dépassé pour la jeunesse française ? Une récente étude menée conjointement par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) et le cabinet Deloitte (audits & assurances) réfute lidée selon laquelle les vingt/trente ans se désintéresseraient de laccession. « Être propriétaire de son logement constitue aujourdhui lune des priorités de ces jeunes pousses », affirme Alexandra François-Cuxac présidente de la FPI. Mieux, lenquête confirme leur attrait pour le logement neuf. Près de 60 % des répondants déclarent avoir le désir dacheter en Véfa et près de 70 % aspirent à concrétiser un tel projet dans les cinq prochaines années. Pleins feux sur une génération qui brigue une nouvelle conception du logement entre rupture et continuité.
Devenir propriétaire : une priorité. Cest le premier enseignement de cette étude. Elle pointe le mimétisme comportemental des vingt à trente ans par rapport à leurs ainés en matière dacquisition immobilière. « Les facteurs de continuité semblent prévaloir chez la jeune génération », soulignent la FPI et le cabinet Deloitte. Plébiscitant à 94 % la propriété immobilière, ces jeunes pousses entrevoient en effet le logement comme un gage de sécurité dans un avenir incertain (mobilité professionnelle, longueur des carrières, évolutions rapides du monde du travail et du modèle de retraites...). Soulignons que lacquisition immobilière est considérée par une minorité comme une marque de réussite sociale.
Les jeunes plébiscitent le neuf. La jeune génération affiche une préférence néanmoins marquée pour le logement neuf, synonyme de confort et de qualité (en termes dacoustique, déconomies dénergie et dagencement des espaces). Près dun tiers des répondants fait aussi valoir labsence de travaux à lentrée dans les lieux comme critère déterminant. La maîtrise des charges énergétiques et de copropriété (pas de travaux dentretien ou de rénovation des parties communes, façade ) est également un facteur important cité par de nombreux candidats à lachat dans le neuf.
Préoccupations environnementales. Classique dans son approche, la jeune génération se distingue néanmoins par une conscience environnementale aigüe et une ouverture aux autres. Ces jeunes affirment la nécessité de rénover les logements existants autant que den construire de nouveaux. « Ils veulent surtout un habitat neuf qui soit durable, avec un fort prisme « énergie », tout en étant prêts à certaines concessions sous la contrainte économique », résume la Fédération des promoteurs immobiliers.
Un idéal de maison contrarié. Car si dans lidéal, les vingt à trente ans rêvent dune maison individuelle dans une ville moyenne, proche dun centre- ville, des transports, de la nature et du travail, ils se retrouvent vite confrontés à la réalité économique du marché. Budget oblige, le prix reste pour eux lun des premiers critères de choix. Enfin, contrairement aux attentes, la connectivité ou lévolutivité du logement ne paraissaient pas prioritaires avant le confinement précise létude.
Le sens du partage. Les moins de trente ans sont également prêts à partager des espaces (potager, stationnement ) et des services, en réponse à un besoin de lien social et douverture. Pour les trois quarts dentre eux, la mixité sociale dans le logement constitue dailleurs une chance plus quun risque. « Leur quête de sens trouve une réponse dans cette ouverture et ce sens du partage », avance létude. Frein à ce bel élan de solidarité, la sphère intime que ces jeunes avides de nouvelles expériences entendent néanmoins préserver.
Des inflexions liées à lépidémie. Réinterrogée pendant lépidémie, la jeune génération a adapté certaines de ses réponses : la polarisation sur le logement individuel dans les villes petites et moyennes sest renforcée, mais précise létude la proximité de la nature a reculé au profit de celle des services (centre-ville, transports). Le critère du prix sefface derrière dautres qualités du logement neuf (durable, connecté et spacieux).
Choix du logement. De façon encore plus marquée que chez les autres générations, les moins de trente ans souhaitant accéder à la propriété ressentent le phénomène de tension du marché : 78 % sont confrontés à la difficulté de trouver un bien qui leur convienne, 65 % font face au choix limité de logements disponibles. Pour autant lacquisition immobilière ne constitue pas un risque financier ou économique à leurs yeux . Même si peu dentre eux disposent du budget suffisant pour prétendre acheter dans la capitale et trouvent refuge dans les villes de grande couronne et de petite couronne.