Les jeunes veulent devenir propriétaires dans le neuf !

Anabelle Martinat
Mis à jour par
le 15 décembre 2020
Journaliste chez PAP.fr

La jeune génération revendique son appétence pour la pierre : c’est le fruit d’une étude menée auprès de 600 personnes âgées de vingt à trente ans sur le territoire national. Une enquête qui lève aussi le voile sur leurs attentes à l’égard du logement neuf avant et après le confinement.

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La propriété immobilière un concept totalement dépassé pour la jeunesse française ? Une récente étude menée conjointement par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) et le cabinet Deloitte (audits & assurances) réfute l’idée selon laquelle les vingt/trente ans se désintéresseraient de l’accession. « Être propriétaire de son logement constitue aujourd’hui l’une des priorités de ces jeunes pousses », affirme Alexandra François-Cuxac présidente de la FPI. Mieux, l’enquête confirme leur attrait pour le logement neuf. Près de 60 % des répondants déclarent avoir le désir d’acheter en Véfa et près de 70 % aspirent à concrétiser un tel projet dans les cinq prochaines années. Pleins feux sur une génération qui brigue une nouvelle conception du logement entre rupture et continuité.  

Devenir propriétaire : une priorité. C’est le premier enseignement de cette étude. Elle pointe le mimétisme comportemental des vingt à trente ans par rapport à leurs ainés en matière d’acquisition immobilière. « Les facteurs de continuité semblent prévaloir chez la jeune génération », soulignent la FPI et le cabinet Deloitte. Plébiscitant à 94 % la propriété immobilière, ces jeunes pousses entrevoient en effet le logement comme un gage de sécurité dans un avenir incertain (mobilité professionnelle, longueur des carrières, évolutions rapides du monde du travail et du modèle de retraites...). Soulignons que l’acquisition immobilière est considérée par une minorité comme une marque de réussite sociale.

Les jeunes plébiscitent le neuf. La jeune génération affiche une préférence néanmoins marquée pour le logement neuf, synonyme de confort et de qualité (en termes d’acoustique, d’économies d’énergie et d’agencement des espaces). Près d’un tiers des répondants fait aussi valoir l’absence de travaux à l’entrée dans les lieux comme critère déterminant. La maîtrise des charges énergétiques et de copropriété (pas de travaux d’entretien ou de rénovation des parties communes, façade…) est également un facteur important cité par de nombreux candidats à l’achat dans le neuf. 

Préoccupations environnementales. Classique dans son approche, la jeune génération se distingue néanmoins par une conscience environnementale aigüe et une ouverture aux autres. Ces jeunes affirment la nécessité de rénover les logements existants autant que d’en construire de nouveaux. « Ils veulent surtout un habitat neuf qui soit durable, avec un fort prisme « énergie », tout en étant prêts à certaines concessions sous la contrainte économique », résume la Fédération des promoteurs immobiliers.

Un idéal de maison contrarié. Car si dans l’idéal, les vingt à trente ans rêvent d’une maison individuelle dans une ville moyenne, proche d’un centre- ville, des transports, de la nature et du travail, ils se retrouvent vite confrontés à la réalité économique du marché. Budget oblige, le prix reste pour eux l’un des premiers critères de choix. Enfin, contrairement aux attentes, la connectivité ou l’évolutivité du logement ne paraissaient pas prioritaires avant le confinement précise l’étude.

Le sens du partage. Les moins de trente ans sont également prêts à partager des espaces (potager, stationnement…) et des services, en réponse à un besoin de lien social et d’ouverture. Pour les trois quarts d’entre eux, la mixité sociale dans le logement constitue d’ailleurs une chance plus qu’un risque. « Leur quête de sens trouve une réponse dans cette ouverture et ce sens du partage », avance l’étude. Frein à ce bel élan de solidarité, la sphère intime que ces jeunes avides de nouvelles expériences entendent néanmoins préserver.  

Des inflexions liées à l’épidémie. Réinterrogée pendant l’épidémie, la jeune génération a adapté certaines de ses réponses : la polarisation sur le logement individuel dans les villes petites et moyennes s’est renforcée, mais précise l’étude la proximité de la nature a reculé au profit de celle des services (centre-ville, transports). Le critère du prix s’efface derrière d’autres qualités du logement neuf (durable, connecté et spacieux).

Choix du logement. De façon encore plus marquée que chez les autres générations, les moins de trente ans souhaitant accéder à la propriété ressentent le phénomène de tension du marché : 78 % sont confrontés à la difficulté de trouver un bien qui leur convienne, 65 % font face au choix limité de logements disponibles. Pour autant l’acquisition immobilière ne constitue pas un risque financier ou économique à leurs yeux . Même si peu d’entre eux disposent du budget suffisant pour prétendre acheter dans la capitale et trouvent refuge dans les villes de grande couronne et de petite couronne. 


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