Logement neuf : la douche à l'italienne bientôt obligatoire

Manuel Apruzzese
Mis à jour par
le 26 décembre 2019
Journaliste chez PAP.fr

La loi Elan impose à partir de 2020 l'obligation d'installer des douches à l'italienne dans les logement neufs. L'objectif est de limiter le risque d'accident pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Mais attention son étanchéité devra faire l'objet d'un soin particulier. Sinon attention aux dégâts des eaux !

© Lapeyre

La douche à l'italienne a le vent en poupe.  Longtemps réservée aux salles de bains design, elle est bien adaptée à la problématique des seniors ou des personnes à mobilité réduite. A partir 2020, elle va progressivement s'imposer dans les immeubles collectifs. L'objectif des pouvoirs publics est d'adapter la salle de bains aux personnes âgées et/ou à mobilité réduite pour diminuer les risques de chute et toutes leurs conséquences (fracture col du fémur, entorses, traumatismes crâniens…).

Coût et prix. Si cette mesure technique modifie la physionomie des salles de bains dans le logement neuf,  elle va aussi renchérir sensiblement leur coût. Cette nouvelle disposition pourrait aussi conduire à une augmentation de la sinistralité si toutes les précautions de pose ne sont pas respectées. A noter toutefois : il sera néanmoins toujours possible d'opter pour une baignoire à la place de la douche à l'italienne.

© Lapeyre

Nouvelles obligations. La loi Elan de novembre 2018, qui a mis fin à l’obligation de mettre en accessibilité 100 % des logements neufs, impose désormais seulement 20 % d'appartements adaptés au handicap en rez-de-chaussée ou accessibles par ascenseur. Les 80 % restant doivent être évolutifs : ils doivent pouvoir se conformer aux besoins des personnes à mobilité réduite avec des travaux simples. L'obligation de la douche à l'italienne s'inscrit dans cette logique.

Qu'est-ce qu'une douche à l'italienne ? Contrairement à une douche classique avec son receveur surélevé et son ressaut, la douche à l'italienne présente la particularité d'être installée de plain-pied, en continuité avec le plancher. Cette configuration dite « à l'italienne » facilite l'accès à cet équipement pour les personnes âgées ou handicapées. Celui ou celle qui est en fauteuil roulant n'aura plus à effectuer des manœuvres difficiles voire dangereuses pour s'assoir sur le siège de douche équipé.

Un coût des travaux plus élevé. Une douche à l'italienne est techniquement  plus chère à réaliser. Il faudra compter sur un budget de 1 500 € minimum contre 400 € pour une douche classique. Côté pose, il faut concevoir et réaliser la dalle de béton de manière à encastrer tout le système (receveur, tuyauterie, etc.) dans le plancher, tout en respectant une pente pour l'évacuation de l'eau. Il convient également d'apporter un soin d'horloger à l'étanchéité. Elle doit être irréprochable ! Car le point faible de cette installation c'est le risque d'infiltration.

Une sinistralité qui augmente. Si la douche à l'italienne apporte un plus en matière de sécurité, elle engendre aussi une sinistralité plus importante. Un rapport du 14e Observatoire de l'Agence de qualité construction (AQC) de juin 2019 pointe  une progression des désordres liés aux équipements sanitaires qui représentent près de 6% des malfaçons dans le collectif neuf. « Cela pourrait être lié à la généralisation des douches à l'italienne, qui ont régulièrement des défauts d'étanchéité aux liaisons avec les murs. Or, dans les immeubles neufs, ce sont souvent des cloisons en plaque de plâtre, si bien que l’équipement, s’il n’est pas adapté, a tendance à s’affaisser à l’usage » précisait à l'époque Catherine Labat, expert construction au cabinet Neoxa, citée par l'AQC. Autre écueil : qui dit plus de sinistralité, dit aussi primes d'assurance en augmentation…


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