Logement : ce que veulent les Français

Plus d’espace, de modularité, de lieux partagés… l’habitat idéal a pris un nouvel élan avec le confinement. Le 4e baromètre Qualitel Ipsos, réalisé pendant la crise, révèle comment les Français envisagent le bien-vivre chez soi.

© YinYang/Getty Images

Les sondages fonctionnent comme des instantanés de la société à une date précise. Le 4e baromètre Qualitel-Ipsos, qui mesure les attentes des Français en matière de logement et d’aménagement intérieur, a forcément une résonance un peu différente. Cette année, il a été réalisé en plein confinement. Sans surprise, le manque d’espace apparaît comme le constat le plus criant. Certains réclament une pièce supplémentaire, d’autres un espace extérieur ou encore tout simplement de la hauteur sous plafond.

Adaptation. Malheureusement, comme le souligne Bertrand Delcambre, président de l’association Qualitel, « On se heurte à une réalité physique et foncière : on ne peut pas inventer des mètres carrés supplémentaires ». Ce qui ne doit pas empêcher d’intégrer les aspirations des Français dans la conception des nouveaux logements. Des envies qui sont formulées de manière très claire dans le baromètre.

Ouvrir la pièce de vie. A défaut de pouvoir pousser les murs, les personnes interrogées souhaitent profiter de la pièce de vie la plus grande possible, quitte à grignoter des mètres carrés sur les autres pièces de la maison comme la chambre principale (76 %), la chambre des enfants (68 %), la salle de bains (67 %) et même la cuisine (60 %). Une pièce à vivre qui s’entend pour une large majorité de Français (56 %) comme ouverte sur la salle à manger et la cuisine. D’ailleurs la cuisine ouverte est devenue un standard dans la construction depuis dix ans.

Plus d’espaces de rangement. En tête des motifs d’insatisfactions des Français dans l’aménagement intérieur ? Le manque de rangements pour 28 % des Français (contre 20 % seulement pour la superficie globale). Cela monte même à 36 % pour ceux qui vivent dans des appartements. C’est dire si ce critère doit être pris en compte dans la construction de nouveaux logements. D’autant que les caves ou les greniers ont tendance à disparaître dans les logements récents. Seulement 36 % des répondants habitant dans un logement construit après 2010 déclarent posséder l’une de ces pièces annexes.

Un soupçon de modularité. Les Français souhaitent également des logements plus évolutifs. Comprenez un habitat flexible dont l’aménagement pourra évoluer facilement au cours du temps. Au programme : enlever ou ajouter une cloison, changer la destination d’une pièce…

Bien vieillir. Le baromètre met en exergue un paradoxe : 67 % des plus de soixante ans souhaitent passer le reste de leur vie dans leur logement actuel. Mais en même temps, près de la moitié d’entre eux (50 %) déclarent que leur habitat n’est pas adapté pour une personne âgée. Une action dans ce sens semble donc indispensable. Parmi les aménagements à revoir, on trouve la présence de marches ou d’escaliers et des salles de bains non conçues pour le grand âge. 

Construire moins cher
Comment construire des logements évolutifs ? Si techniquement il est facile de positionner des cloisons amovibles qui pourront être déplacées selon les besoins des occupants, encore faut-il pouvoir disposer d’une surface habitable assez grande pour que les pièces cloisonnées ne soient pas trop petites. « Mais nous avons de telles contraintes financières qu’il est dur de faire des logements plus grands », prévient Grégory Monod, président du Pôle Habitat FFB qui regroupe promoteurs et constructeurs de maisons.
Prix en hausse. Le prix des logements neufs a en effet fortement augmenté depuis 1998, une inflation notamment alimentée par les prix des terrains qui s’envolent. Les vendeurs voulant en effet valoriser au maximum leurs biens.Pour diminuer le prix de revient des opérations, les promoteurs souhaiteraient que les collectivités locales vendent les terrains situés dans des opérations d’aménagement à un prix convenu évitant ainsi des surenchères ente professionnels. « Les collectivités pourraient demander aux opérateurs (NDLR : les promoteurs) de concevoir des logements adaptés que ce soit en typologie, en surface et en prix. Ce qui permettrait d’avoir une offre à un prix plus abordable », invite Grégory Monod.
Jérôme Augereau


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