Paris ne semble décidément pas vouloir céder sa place. En 2016, la capitale demeure toujours le territoire le plus cher dIle de France avec un mètre carré négocié autour de 12 374 €. Les candidats à laccession pourront néanmoins essayer de se réjouir avec cette bonne nouvelle : les ventes comme les mises en vente ont connu une réelle embellie. Le nombre de transactions sétablit fin décembre à 875 ventes (quasi-exclusivement en collectif), soit une augmentation non négligeable de 14%. C'est ce que vient d'annoncer l'Agence départementale d'information sur le logement (Adil). Les raisons de ce tonus ? Des taux dintérêt qui ont chuté de près de 1 % en 2016, des acquéreurs motivés et davantage confiants, mais aussi un engouement jamais démenti pour la capitale.
Les petites surfaces plébiscitées. Même si toutes les typologies dappartement connaissent une progression annuelle, comprise entre 6% (6 pièces et plus) et 19% (3 pièces), force est de constater que ce sont les logements de moins de 3 pièces qui concentrent près de 82% des ventes. La géographie des transactions se condense quant à elle sur les arrondissements périphériques, notamment dans les 13ème, 14ème, 19ème et 20ème arrondissements, où 61% des ventes parisiennes ont eu lieu.
Neuf à Paris : un marché dexception
Dans la capitale, le neuf est un marché quasi anecdotique. 875 nouveaux logements ont été vendus en 2016, à comparer aux 34 030 transactions dans lancien enregistrées lan dernier. Un score faible, lié à une offre rare (523 logements disponibles à fin décembre 2016, soit 3 % du stock francilien). Paris a du mal à construire (754 logements neufs mis en vente lan dernier). Terrains aussi rares que chers et réglementation ultra-complexe freinent le marché. Du coup, les prix atteignent des sommets. Ce qui na pas empêché les ventes de bondir lan dernier.
Hausse des prix. Porté par le dynamisme de la demande, le prix des logements neufs a augmenté de plus de 15% sur lannée, soit un montant moyen, fin décembre, de 12 374 €/m2. La majorité des arrondissements dépassent les 10 000 €/m², le 16ème (17 750 €/m²) et le 5ème (14 666 €/m²) en tête. Le croissant Nord-Est affiche les prix les plus attractifs (8 013 €/m² dans le 19ème et 9 655 €/m² dans le 20ème arrondissement). Mais cette variation est à relativiser explique lAdil du fait de la présence de programmes haut de gamme mis en vente ayant contribué à surenchérir la moyenne parisienne.
Ou acheter ? Si dordinaire les prix élevés et le manque doffre limitent la reprise de lactivité dans la capitale, lannée 2016 a vu croitre les mises en vente (754 unités), + 9% sur un an, portant loffre disponible à 523 logements fin décembre 2016. À limage des transactions, les petites surfaces sont les plus proposées à la vente, notamment les deux pièces qui agrègent plus du tiers des mises en vente à Paris. Par ailleurs, les 13ème, 14ème et 19ème arrondissements ont chacun accueilli plus de 100 nouveaux logements soit plus de la moitié (53%) des commercialisations de la capitale.
Et après ? Les taux de crédits immobiliers au plus bas, les différentes mesures engagées et la confiance retrouvée ont contribué à cet essor des ventes et des commercialisations. Mais quen sera-t-il en 2017 ? « Un scénario de continuité, avec un bon niveau dactivité maintenu et des prix en hausses modérées semble raisonnablement pouvoir être attendu » pronostique lAdil. 2017 sera aussi la dernière année du dispositif dinvestissement locatif dit « Pinel ». Apprécié par les investisseurs et ayant déjà porté ses fruits, le dispositif bénéficiera probablement dun effet daubaine, contribuant ainsi à alimenter positivement le secteur. « Il nen reste pas moins que la fragilité et lextrême dépendance du marché immobilier à des facteurs extérieurs se renforcent et laissent planer de fortes incertitudes ».