Massy inaugure l'entrée sud du Grand Paris

Bienvenue à Massy où le premier quartier mixte du Grand Paris a pris place. Au programme, un véritable morceau de ville qui donne un nouvel élan à ce projet de future mégalopole. Visite guidée.

Bienvenue à Altlantis Massy, un nouveau coeur de ville innovant et dynamique.
Bienvenue à Altlantis Massy, un nouveau coeur de ville innovant et dynamique. © Guillaume Rocquemaurel

Ce n’est plus un rêve lointain. Le Grand Paris prend forme. A Massy, le quartier Atlantis situé juste à côté de la gare est sorti de terre après seulement deux ans de travaux. « C’est un délai court pour un projet aussi ambitieux », souligne Nicolas Mercier, directeur de projets chez Altarea Cogedim Ile-de-France Grandes Affaires. Il faut dire qu’outre les 700 logements prévus, l’opération abrite aussi un cinéma, un centre des congrès, un parking public, une école, un centre médical, une résidence seniors, une grande surface, une trentaine de commerces et des restaurants.

« Et tout est déjà opérationnel. Les propriétaires des nouveaux appartements peuvent déjà pleinement profiter du quartier », explique Nicolas Mercier. Le seul chantier en cours reste celui de l’hôtel Hilton quatre étoiles qui devrait profiter de la présence toute proche du palais des congrès flambant neuf. En se baladant sur les quatre placettes qui ponctuent ce nouveau quartier, on constate que la vie a déjà pris son cours. « Tous les commerces ont été placés au pied des immeubles, parce qu’on voulait surtout éviter l’écueil du grand ensemble commercial », précise Nicolas Mercier. « Et les restaurants ont fait le plein dès l’ouverture. »

Le quartier comporte de nombreux équipements qui en font un emplacement recherché. © Guillaume Rocquemaurel

Un emplacement stratégique

Le choix de Massy Atlantis pour devenir un quartier emblématique du Grand Paris n’est pas un hasard. Cette ancienne zone industrielle du début du XXe siècle a entamé un virage important en 1991 avec l’arrivée de la gare TGV. Un grand schéma d’aménagement prévoyant 5 000 logements et 750 000 m² de bureaux a ainsi été adopté dès 2003. « La place du Sud-Ouest où se trouve notre opération était déjà envisagée comme un axe central », commente Nicolas Mercier. Mais ce n’est qu’en 2010 que Paris Sud Aménagement et la ville de Massy ont lancé une grande consultation autour de la place. Le projet d’Altarea Cogédim remporte la mise.

« Notre ambition était vraiment de construire un nouveau cœur de ville au pied des gares. » Car en plus du TGV, le quartier Atlantis est desservi par 2 RER et 25 lignes de bus. En termes de services et d’équipements, le site de 4 hectares répond autant aux besoins des futurs résidents qu’à ceux des entreprises installées à proximité. 

Le quartier propose sa propre vision architecturale. © Guillaume Rocquemaurel

Un pôle architectural

Dès le départ, l’approche architecturale de l’opération était ambitieuse. « Au lieu de confier le projet à un seul grand nom de l’architecture, nous avons préféré constituer un pôle architectural », détaille Nicolas Mercier. Christian et Elizabeth de Portzamparc, urbanistes et architectes se sont associés avec l’Agence Bedia Berdier et l’Atelier Vong. Pas question pour autant de se diviser le travail de manière linéaire et géographique en s’attribuant chacun un lot. Au contraire, ils ont conçu différents immeubles sur des lots distincts. Le quartier est le résultat de leurs multiples concertations, Christian Porteamparc agissant tel un chef d’orchestre pour assurer la cohérence de l’ensemble.

Le site a été conçu autour d’un chapelet de quatre places, toutes connectées les unes aux autres mais suffisamment éloignées pour ne pas avoir trop de vis-à-vis ou un sentiment d’enfermement. Les architectes ont ainsi opté pour un épannelage du tissu urbain pour contrebalancer la forte densité du projet. Les quinze immeubles construits affichent ainsi tous des hauteurs différentes (R+15, R+10, R+13, R+9…). Et le positionnement a été choisi en fonction des perspectives, des points de vue et des paysages. Les espaces verts ont également été imaginés harmonieusement avec les volumes architecturaux ; ils viennent ponctuer la vie du quartier pour offrir des bulles naturelles dans cet ensemble urbain.

L'architecture et la nature ont été travaillé en cohérence. © Guillaume Rocquemaurel

Un quartier innovant

Mais pour créer un vrai morceau de ville, l’architecture et l’urbanisme ne suffisent pas. « Tout au long du processus de conception, on avait une question en tête : comment faire pour que les acquéreurs se sentent bien dans ce nouvel environnement », assure Nicolas Mercier. Il fallait aussi mettre en place une vie de quartier et faciliter les contacts entre les résidents. « Pour répondre à ce besoin, nous avons donc développé toute une série de services innovants », précise-t-il. Une conciergerie est ainsi à la disposition des habitants dans le quartier. Ils proposeront différents services comme la réception et l’envoi de colis, la remise de clefs, la prise en charge du pressing, de la cordonnerie ou du contrôle technique de votre voiture mais également des prestations d’aide à la personne (garde d’enfants, bricolage…). Toutes les démarches administratives obligatoires quand on emménage dans son nouveau logement (inscription des enfants à l’école, changement de fournisseur d’accès internet…) pourront aussi être déléguées.

Une application gratuite, Easy Village, permet de mettre en relation les habitants avec les différents services de la ville (promotions commerciales, horaires du cinéma…) mais également de communiquer entre eux grâce à un forum. Tous ces services, plus le soin apporté à certains détails (les halls des immeubles ont été décorés par des architectes, les hangars à vélos, le choix des plantations…) font du quartier Atlantis un véritable exemple à suivre pour les autres projets du Grand Paris. D’ailleurs, quand les logements ont été livrés, tout était déjà vendu (le prix moyen était de 4 300 €/m²). Les acquéreurs sont en grande partie originaires du secteur. Mais on trouve aussi des propriétaires qui ont quitté Paris et la petite couronne pour trouver un logement plus accessible et qui offrait un environnement équivalent. C’est la preuve que le Grand Paris est bien en marche. 


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