Cest la très sérieuse enquête Eclair* sur la commercialisation des logements neufs publiée par lAdil 75 qui le dit : fin juin 2020, loffre de logements neufs à Paris augmente de 33 % par rapport à la même période de 2019. Ce bond spectaculaire augurerait-il dun retour de labondance dans la capitale ? Un espoir vite douché : fin juin 2020, seuls 513 logements neufs sont effectivement disponibles à la vente. En fait, le pourcentage mentionné par lenquête Eclair traduit tout simplement lincroyable tension qui règne sur le marché parisien du neuf.
Baisse des lancements commerciaux. Les mises en vente le prouvent : au deuxième trimestre 2020, seuls 56 logements neufs ont été mis sur le marché parisien, une chute de 65 % par rapport à la même période de 2019. De fait, bâtir à Paris prend des allures de gageure. Les terrains sortent au compte-gouttes, les promoteurs doivent composer avec des règles durbanisme strictes et des contraintes techniques aussi nombreuses que complexes, les recours contre les autorisations durbanisme freinent les opérations
Etonnant effet de marché. Pourquoi loffre remonte-t-elle alors que les mises en vente plongent au deuxième trimestre 2020 ? Tous simplement parce quau premier trimestre 2020, 152 logements neufs ont été mis sur le marché. Un bond de 60 % sur un an ! Et comme les délais de commercialisation sont plus longs dans la capitale (17,7 mois contre une moyenne de 10,2 mois sur lensemble de la région), loffre de nouveaux logements ne peut quaugmenter au deuxième trimestre 2020.
Des ventes en hausse. Les réservations, elles, augmentent de 2 % entre avril et juin dernier. Plus précisément, 87 appartements ont trouvé preneur sur la période. Ce sont surtout les deux pièces qui sont recherchés, avec une hausse de 47 % des réservations pour ce type de bien. Quatre ventes sur dix sont enregistrées dans le XIIIe, là où loffre est la plus importante. Environ 400 logements neufs devraient être réservés cette année à Paris, à comparer aux 30 000 transactions que lancien devrait enregistrer cette année.
Des prix très élevés. La tension sur le marché, mais aussi la complexité et la longueur de montage des programmes neufs se retrouve aussi dans les prix. Le mètre carré neuf moyen parisien monte à 12 915 € à fin juin 2020, une hausse de 6,6 % sur un an. Le XVIIIe reste le plus abordable, avec une moyenne à 9 944 €/m² (cest le seul à se placer sous la barre des 10 000 €/m²). Arrondissement le plus cher de la capitale, le XVIe, lui, culmine à 18 054 €/m². Cest quasiment deux fois plus que dans le XVIIIe !
Où acheter à Paris ? La question, pour les acquéreurs, cest de savoir où se trouvent les nouveaux programmes. Il reste un logement dans une résidence de grand standing du VIe. Le VIIe et le XIIe comptent chacun une réalisation. Huit programmes sont en vente dans le XIIIe (cest là où loffre est la plus étoffée), cinq dans le XIVe, quatre dans le XVe. On trouve une résidence dans le XVIe, deux dans le XVIIe et six dans le XVIIIe. Enfin, le XIXe et le XXe comptent chacun deux programmes neufs. Bref, on trouve encore du neuf à Paris. Mais pour combien de temps ?
* LEtude sur la commercialisation des logements neufs par les Agences dinformation de la région Ile-de-France (Eclair) est réalisée tous les trimestres par les Adil franciliennes. Très détaillée, elle donne tous les chiffres concernant les ventes, les mises en vente, les délais découlement des nouvelles résidences et, bien sûr, les prix du neuf. Consultable ici, ce document est très utile pour comprendre lévolution du marché en Ile-de-France. Rappelons toutefois que pour les candidats à lachat, ce document donne des moyennes. Le prix dun logement dépend de son adresse, de sa position dans limmeuble, de ses équipements, de ses prestations. Bref, chaque cas est particulier.
