Quand le neuf invite la nature en ville

En France, 27 % des émissions de gaz à effet de serre sont imputables au secteur du logement. Un constat sévère auquel certains promoteurs décident de faire face en adoptant des solutions originales.

Le neuf à d’innombrables avantages : des normes techniques en phase avec les exigences de la vie contemporaine, des espaces lumineux et optimisés, une esthétique moderne… Mais il existe pourtant une ombre au tableau : l’impact écologique que représente l’édification d’un bâtiment qui n’existait pas dans l’environnement. Car avant de pouvoir faire usage d’un bureau ou un appartement, il faut raser d’éventuels éléments préexistants sur la parcelle constructible, faire tourner un chantier, et enfin, utiliser des matériaux pour l’édification du projet, ainsi que des équipements pour l’animer et le faire vivre… autant d’actions génératrices de CO² et impactantes pour l’environnement.

Du vert pour rééquilibrer la balance. Dans le cycle de vie d’un bâtiment neuf, sa construction correspond à 60 % de son empreinte carbone : fort de ce constat, un promoteur à décider d’agir pour compenser l’impact négatif de ses projets sur l’environnement. Le développement de la nature en ville est un soutien indiscutable qui permet à la population urbaine de bénéficier de nombreux services écologiques en luttant par exemple contre les îlots de chaleur. Tagerim a donc décidé d’aider la nature à retrouver une place durable dans les villes pour lui permettre d’exprimer ses bienfaits. « Les acteurs de la promotion immobilière doivent faire évoluer leur manière de travailler afin de prendre en compte les problématiques écologiques. L’implantation de poumons verts au sein de nos résidences est une première réponse », explique Marie-Astrid Quentin-Mauroy, présidente de Tagerim Promotion.

Une inspiration venue de loin. Pour y parvenir, le promoteur s’est tourné vers le Japon et a décidé de s’appuyer sur le travail du botaniste Akira Miyawaki. Ce dernier a imaginé une méthode permettant d’agir pour la restauration d’un « écosystème forestier » en quelques années et sans intervention humaine, grâce à la croissance rapide des arbres. Le secret ? Aider la nature au démarrage, puis la laisser œuvrer par elle-même. Le mode d’emploi est simple : planter de jeunes espèces d'arbres locales en rang serrés, à raison de 3 individus par m² en moyenne. Cette « surpopulation » induite par la main de l’homme va déclencher un phénomène de compétition, les incitant à croître rapidement pour accéder avant leurs voisins à la lumière, à l’eau et aux nutriments. Toutes les jeunes pousses plantées ne donneront donc pas automatiquement à terme un arbre adulte. Mais passée la première décennie, les individus survivants seront solidement implantés dans leur biotope.

Des milliers d’arbres plantés. Le promoteur a donc décidé de planter des micro-forêts d’une surface de 50 m² dans une vingtaine d’opérations par an, soit un total de 4 000 arbres plantés en France. « Notre objectif affiché à long terme est d’atteindre la neutralité carbone », précise Marie-Astrid Quentin-Mauroy. Les nouvelles réglementations, dont la RE 2020, vont dans le sens d’une plus grande exigence écologique et nous nous en réjouissons. Chez Tagerim, nous allons au-delà des réglementations et des exigences du PLU dans chacun de nos projets. Notre volonté, à moyen terme, est de mettre le bien-être des habitants au cœur de la conception de nos projets immobiliers ». En plus de leur impact positif pour le climat et la biodiversité (les bosquets touffus ainsi créés servant de refuge à une faune nombreuse), ces micro-forêts permettront de rafraîchir l’air jusqu’à 2 degrés, d’améliorer sa qualité, de diminuer la pollution sonore et de stabiliser les sols : autant d’atouts qui contribueront à une meilleure qualité de vie pour tous au sein d’un environnement (la ville) dont les sols artificialisés ont refusé bien longtemps de laisser à la nature l’espace qui lui revenait. 

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