Urbanisme : à Corbeil (91), la mutation des Grands Moulins réveille le centre-ville

Après une longue torpeur, le site des Grands Moulins s’ébroue : appelée à devenir l’emblème du réaménagement urbain du centre-ville de Corbeil-Essonnes, cette reconversion ambitieuse va devoir protéger et valoriser ce fleuron du patrimoine industriel local, tout en faisant de ce futur quartier un atout pour ses habitants et ses usagers, grâce à 240 logements neufs et tout un socle d’activités.

© ZOA 3D

Située à 29 kilomètres au sud-est de la capitale, Corbeil-Essonnes s’est engagée dans une réhabilitation en profondeur de son centre-ville. Objectifs : un développement économique et commercial accru, une mise en valeur de l’espace public et partagé et pour tous, une plus grande accessibilité. C’est dans ce contexte et dans un souci de transition énergétique et environnementale, que se déploie la reconversion des Grands Moulins, porté par Cogedim et Histoire & Patrimoine.

Une entreprise qui se modernise. Situé en bord de Seine, le site des Grands Moulins est une meunerie de 129 ans dont la tour élévatrice, classée Monument historique en 1987, est devenue l’emblème du lieu. Aujourd’hui, l’entreprise se modernise : un moulin « nouvelle génération » sera opérationnel dans le courant de l’année, générant de nouveaux emplois. Mais surtout, elle accueille un tout nouveau quartier. « Avec la reconversion de notre ancienne fabrique des Grands Moulins, une page de l’histoire de la ville de Corbeil-Essonnes et du Groupe Soufflet se tourne. (…) Nous sommes ravis que ce site historique connaisse une nouvelle vie et apporte une valeur durable pour la ville et ses habitants » indique Erick Roos, Directeur général des Moulins Soufflet.

Du neuf côté logements. Une programmation mixte sera en effet chargée de reconnecter le site aux quartiers alentour et de renforcer l’attractivité de centre ancien. « Par la transformation des Grands Moulins, tout le centre-ville de Corbeil-Essonnes va pouvoir réinventer ses relations à la Seine et à l’Essonne, et mettre ainsi en récit son patrimoine médiéval, industriel et naturel au service de la transition écologique, explique Vincent Lavergne, architecte urbaniste. Ce projet parle de l’adaptation de nos villes aux grands enjeux climatiques et en fait un haut lieu de résilience de la métropole parisienne. » Cette programmation résidentielle variée de 240 logements comprendra environ 150 logements restructurés et réhabilités. 90 logements neufs en surélévation viendront également s’y ajouter. Un socle d’activités en rez-de-chaussée proposera des services et des commerces de proximité : dans ce cadre, un restaurant, un café, une salle des ventes, un espace de valorisation du patrimoine, un équipement public dédié à la ville, un atelier vélo et un tiers-lieu sont envisagés.

Respecter l’existant. C’est l’équipe Altarea, représentée par ses marques Cogedim et Histoire & Patrimoine, qui valorisera ce patrimoine avec « une grande déférence, une grande politesse envers l’esprit des lieux », selon Luc Maes, architecte associé du Groupe Maes Architectes Urbanistes, également en charge du projet. « Nos équipes, spécialistes de la réhabilitation et de la sauvegarde du patrimoine français, apporteront leur expertise sur la préservation de l’existant, garantissant ainsi la bonne conduite du projet », explique Arnaud Baudel, directeur général Développement d’Histoire & Patrimoine.

Faire une place à la verdure. Sur ce site originellement très artificialisé, le béton refluera bientôt au profit d’un jardin central mettant à l’honneur des surfaces de pleine terre, vivantes et perméables. L’objectif est double : laisser s’infiltrer les eaux de pluie et accueillir différentes espèces de plantes — arbres, arbustes buissonnants, plantes herbacées — qui deviendront le refuge de nombreux insectes, oiseaux et mammifères. Cet espace végétalisé sanctuarisé en cœur d’îlot, accessible aux futurs habitants et usagers du quartier, participera à la métamorphose du site. « La transformation des Grands Moulins propose une organisation des espaces extérieurs où tous jouent un rôle spécifique en s’intégrant dans la continuité urbaine de Corbeil-Essonnes, détaille Olga Tarraso, paysagiste du projet. On passe progressivement d’une échelle domestique, à l’intérieur du quartier, à la grande échelle du territoire aux abords de la Seine ; on crée le maillage avec la trame des espaces publics majeurs et mineurs de la ville. » Plus d’informations : cogedim.com, histoire-patrimoine.fr


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