Urbanisme : quand le neuf s’engage contre l’artificialisation des sols

La construction de résidences neuves est-elle incompatible avec le respect du vivant ? Pas si ce secteur s’engage avec détermination sur la voie d’une baisse significative de l’artificialisation et de la consommation d’espaces naturels.

Ce n’est un secret pour personne : lorsqu’il s’agit de construire, il est plus facile d’œuvrer sur un espace vierge que sur un morceau de ville préexistant. Un état de fait qui a permis à l’étalement urbain de grignoter les territoires durant des décennies, le plus souvent au mépris du vivant, car les conséquences de l’artificialisation des sols sont délétères : une baisse directe de la biodiversité, une diminution des espaces naturels, agricoles ou forestiers… Et un poids supplémentaire dans le plateau de la balance du changement climatique, puisqu'artificialiser les sols, c’est contribuer indirectement au renforcement des îlots de chaleur urbains, nuire à l’infiltration naturelle des eaux pluviales et empêcher le développement de pièges à CO2 naturels (à travers la photosynthèse opérée par les plantes, par exemple). Un bilan à charge donc, qui a poussé un promoteur à l'action.

Le ZAN, qu’est-ce que c’est ? Le ZAN (Zéro Artificialisation Nette) est un des objectifs fixés par la loi Climat et Résilience adoptée en juillet 2021, qui vise à parvenir à 50 % d’artificialisation et de consommation d’espaces naturels en moins entre 2021 et 2031. Il s’agit donc de réduire progressivement la voilure, afin d'aboutir à une absence de toute artificialisation nette des sols en 2050. Pour y arriver, les secteurs concernés disposent de trois leviers : la densification (c’est-à-dire l’art de construire plus sur un même espace), la réhabilitation des espaces vacants (les friches industrielles en sont un bon exemple), et la désartificialisation en débarrassant les sols de leur gangue de béton et de bitume et en les nourrissant afin qu’ils retrouvent leurs fonctions naturelles.

Un promoteur s’engage. Devançant les objectifs de la loi Climat et Résilience, Vinci Immobilier a fait part de ses objectifs ambitieux : « Nous sommes le premier promoteur national à nous fixer l’objectif du « ZAN » à l’horizon 2030, mais nous pensons que cet objectif est fondé : le foncier libre va se tarir à mesure que les politiques publiques vont se durcir en matière d’artificialisation. Nous entendons conforter le savoir-faire que nous avons acquis en matière de recyclage urbain comme démontré à travers plusieurs opérations emblématiques telles que le Village des Athlètes à Saint-Denis et le stade du Ray à Nice. Cette démarche annonce un changement radical pour notre métier de promoteur immobilier, qui devra intégrer les compétences en matière de réhabilitation, de paysage et de préservation de la biodiversité », explique Olivier de la Roussière, Président de Vinci Immobilier.

20 ans d’avance sur l’objectif. Atteindre le ZAN avec deux décennies d’avance par rapport à l’échéance de 2050 fixée par la loi Climat et Résilience est ambitieux. Pour y parvenir, le promoteur s’engage donc à compenser chaque surface artificialisée par la désartificialisation d’une surface équivalente sur d’autres projets en France. « Notre responsabilité est de faire émerger un nouveau modèle privilégiant l’intervention sur des surfaces déjà artificialisées en concentrant nos efforts sur des opérations de recyclage urbain » détaille Olivier de la Roussière. L’objectif est de réaliser plus de 50 % de son chiffre d’affaires dans des opérations de ce type avant 2030. Et la matière première ne manque pas : friches, sites désaffectés, logements vétustes, bâtiments désertés, bureaux ou zones commerciales obsolètes ou encore parkings sous-occupés sont autant d’espaces à réinventer à travers la réalisation de projets neuf ou de réhabilitations.

Un exemple ? Le 8 juillet dernier, Vinci Immobilier a lancé les travaux du projet Universeine, à Saint-Denis (93), sur une ancienne friche industrielle de 6,4 ha. D’abord « Village des athlètes » des prochains Jeux Olympiques d'été de 2024, l’ensemble sera ensuite reconverti en quartier durable regroupant logements (78 600 m²), bureaux (63 000 m²) et commerces (4300 m²). Ces bâtiments viseront un bilan carbone inférieur de 40 % à celui de bâtiments conventionnels et 75 % des matériaux des ouvrages provisoires de la phase « Jeux » pourront être réemployés ou recyclés dans les bâtiments du nouveau quartier. Informations : www.vinci.com

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