Tous les trois mois, le ministère de la Transition écologique et solidaire publie une vaste étude sur le marché des nouveaux logements. Cette Enquête sur la Commercialisation des Logements Neufs (ECLN) fait le point sur les ventes, les mises en vente, loffre et les prix, quil sagisse dappartements ou de maisons. La dernière édition, parue le 22 août 2019 et qui porte sur le deuxième trimestre 2019, livre toute une série dinfos utiles avant de se lancer dans un achat ou un investissement locatif dans le neuf.
Les ventes gardent le cap
Les promoteurs ont vendu 33 900 logements au deuxième trimestre 2019, en baisse de 3,3 % par rapport à la même période de 2018. Mais attention : depuis le début de cette année, la réduction dimpôt Pinel nest plus autorisée dans les communes moyennes (zones B2 et C de cet avantage fiscal). Or les promoteurs concentrent leur activité sur les secteurs tendus, soit les zones A bis, A et B1 du Pinel. En dautres termes, la taille du marché sest réduite denviron 10 000 logements, ce qui relativise la baisse des ventes.
Un marché qui reste tonique. Dans les grandes métropoles régionales, en Ile-de-France, sur certains secteurs littoraux et frontaliers (zones A bis, A et B1 du Pinel), la demande reste très forte et les réservations de nouveaux logements sont soit stables, soit en hausse. Au bout du compte, le marché de limmobilier neuf conserve un vrai dynamisme. En 2019, les promoteurs devraient enregistrer environ 125 000 réservations aux particuliers. Soit le quatrième ou cinquième meilleur score enregistré sur les vingt-cinq dernières années. Lors de la crise de 2008, seuls 75 700 logements neufs avaient été vendus à ces mêmes particuliers.
Les mises en vente baissent
Envie dacheter ou dinvestir, taux historiquement bas, aides surpuissantes (PTZ pour les primo-accédants, Pinel pour les investisseurs) : la demande reste très forte. Mais les promoteurs ont du mal à lalimenter. Selon létude ECLN, 32 100 logements neufs ont été lancés sur le marché au deuxième trimestre 2019. Cest une baisse de 14,8 % par rapport à la même période de 2018, mais cest une hausse de 31,8 % par rapport aux trois premiers mois de 2019.
Le défi de la construction. Pour les promoteurs, lancer de nouveaux programmes nest pas une mince affaire. Les terrains sont rares. Obtenir le permis de construire tient souvent du parcours du combattant, dautant que certains maires, à lapproche des municipales, rechignent à autoriser de nouveaux logements. Monter un programme prend en moyenne trois à cinq ans. Et près de 30 000 logements sont bloqués par des recours contre les permis de construire selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).
Léger recul de l'offre
Avec des mises en vente inférieures aux ventes, loffre de logements ne peut que reculer. A fin juin 2019, lenquête ECLN la chiffre à 107 400 logements neufs, une baisse de 8,6 % par rapport à la même période de 2018. Mais ce quil faut surtout retenir, cest que cette offre représente environ dix mois de fonctionnement du marché selon la FPI, et même huit mois dans les secteurs les plus tendus comme la région parisienne, les agglomérations de Lyon, Nantes ou Rennes. Lorsque loffre est en équilibre avec la demande, ce délai tourne autour de douze mois.
Maisons neuves : un marché si étroit Selon lECLN, loffre se compose de 99 300 appartements et de 8 200 maisons seulement. Logique. Dabord, les promoteurs vendent plus de maisons quils nen produisent (2 300 réservations au deuxième trimestre 2019 pour 2 000 ventes). Surtout, les professionnels travaillent essentiellement dans les secteurs tendus, donc urbanisés, là où les terrains sont rares, là où lon ne construit, pour lessentiel, que des immeubles. Et puis les maisons ont moins la cote auprès des décideurs, la tendance étant à la densification des constructions.
Des prix en hausse
Sur un an, le mètre carré neuf progresse de 5 % pour les appartements et de 5,9 % pour les maisons. En collectif, le mètre carré moyen atteint 4 300 €, tandis quen individuel, il faut compter sur 277 600 € lunité. Pourquoi cette hausse ? Situés pour lessentiel en secteur urbanisé, les terrains sont aussi rares que chers. Les coûts de construction progressent, les entreprises de bâtiment reconstituent leurs marges après des années de vaches maigres Et les coûts de production sont grevés par la longueur des délais de montage des programmes.
Fait-il espérer une baisse du mètre carré ? Un recul des prix reste improbable. Les coûts de construction vont continuer à monter. Les terrains vont rester chers. Avec la baisse des mises en vente, pas question de compter sur un choc doffre pour faire reculer le mètre carré. Pour autant, les promoteurs sefforcent de garder leur prix sous contrôle. Au regard de la bonne tenue des ventes, ils restent acceptables. Mais en cas de dérapage, les promoteurs préféreront annuler les programmes plutôt que de se retrouver avec des logements terminés invendus sur les bras, un stock physique très cher à porter sur le plan financier.
