Bonne nouvelle : après une année 2020 très difficile, marquée par deux confinements, une crise économique sans précédent et un durcissement des conditions de crédit, le marché de limmobilier neuf reprend des couleurs. 30 500 nouveaux logements ont été réservés à la vente au premier trimestre 2021, une augmentation de 16,2% par rapport à la même période de lan dernier, révèle lEnquête sur la commercialisation des logements neufs (ECLN), publiée le 12 mai 2021 par le ministère de la Transition Ecologique et solidaire. En 2020, le nombre de réservations sest limité à 99 500 maisons et appartements neufs, soit 31 500 de mois quen 2019. Un plongeon de 24,1% !
Cote damour. Le rebond sexplique par une hausse de la demande, comme la confirmé lenquête sur la promotion immobilière de lInsee. Croissance démographique, décohabitation, volonté de bien se loger et de bâtir un patrimoine encouragent lachat ou linvestissement locatif. Côté gros sous, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) a assoupli fin 2020 ses recommandations faites aux banques : le taux deffort (part des revenus dédiée à la mensualité de prêt) est fixé à 35% contre 33% auparavant, la durée maximale de remboursement étant portée de vingt-cinq à vingt-sept ans. Dans le même temps, les taux dintérêt ont battu des records à la baisse.
Mises en vente. Autre rebond : 23 400 logements neufs ont été lancés en commercialisation au premier trimestre 2021, une hausse de 12,1% par rapport à la même période de 2020. « Les niveaux de loffre et de la demande au premier trimestre 2021 sont un peu plus bas que ceux du premier trimestre 2019 » tempère lenquête ECLN. « On nobserve pas de rattrapage du déficit en réservations et en mises en vente enregistré en 2020. Les cumuls des réservations et des mises en vente entre avril 2020 et mars 2021 sont en net recul par rapport aux douze mois précédents (respectivement - 16,2 % et - 20,6 %). » Bref, ça va mieux mais ce nest pas encore leuphorie.
Offre disponible. Avec des ventes plus nombreuses que les mises en vente, loffre est loin de rebondir. Cet encours se chiffre à 90 600 logements fin mars 2021, contre 102 300 un an plus tôt (-11,4%). 84 600 appartements sont disponibles en France, soit 3,1 trimestres de fonctionnement du marché. 6 000 maisons sont en vente, un délai découlement de 3,3 trimestres. Cest un signe de tension. Lorsque loffre est égale à la demande, ce délai tourne autour de quatre trimestres. Autrement dit, le marché du neuf est sous-offreur. Si les mises en ventes ne rebondissent pas fortement, une pénurie risque bien de se faire sentir dans les prochaines années.
Le neuf, côté prix. Pour les appartements, le mètre carré moyen sétablit à 4 373 € sur la France entière en mars 2021 (TVA classique à 20%), une légère hausse de 0,9% sur un an. La maison moyenne, toujours à fin mars 2021, se chiffre quant à elle à 313 800 € en TVA à 20%), un bond de 10,4% sur un an. « Cette forte évolution est en partie due à des effets de structure, la part des maisons de plus de quatre pièces dans les réservations ayant augmenté entre le premier trimestre 2020 et le premier trimestre 2021. Elle provient également de la vente de logements individuels de haut standing en Auvergne-Rhône-Alpes » explique lenquête ECLN.
Hausses programmées. Les prix pourraient bien connaître un prochain rebond. Le marché va en effet rester tendu, la faute à des collectivités locales qui freinent sur les permis de construire et à des terrains aussi rares que chers. Autres facteurs inflationnistes : le prix des matériaux progresse (lacier, le cuivre, le bois, les isolants sont frappés de pénurie) et dès 2022, la Réglementation Environnementale RE 2020 va imposer la décarbonation des matériaux et des énergies. A la clé : des logements plus performants et plus verts, mais aussi plus chers. Conclusion : le logement neuf daujourdhui coûte moins cher que celui de demain.
