Maisons neuves : des logements d’exception

Pierre Chevillard
Mis à jour par
le 2 décembre 2020
chez PAP.fr

Confortables, performantes, financièrement abordables et très appréciées des familles, les maisons neuves sont de plus en plus rares. Gros plan sur un paradoxe immobilier…

© In4mal/Istock/Getty Images

La maison a la cote. « Elle reste le rêve des Français : 57 % y habitent actuellement et 64 % désirent y vivre dans les cinq prochaines années », constate un sondage Kantar réalisé cet automne pour le Pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment. L’étude montre que les Français y voient un logement qui sait s’adapter à l’évolution de leurs besoins, qui offre « sentiment d’être chez soi, tranquillité, confort, possibilité d’aménager un espace de travail… ». Et puis il y a le jardin, un petit bout de nature rien qu'à soi très apprécié. Des atouts consolidés par les épisodes de confinement liés à la pandémie de Covid-19. Face à ces désirs, la maison neuve a de sérieux atouts à faire valoir. Très performante grâce à des normes strictes, elle réduit les dépenses d’énergie. Les promoteurs proposent des plans très ergonomiques, des espaces intérieurs lumineux, des architectures élaborées… Le problème, c’est la rareté de ces biens sur le marché immobilier.

Baisse des mises en vente. 1 010 maisons neuves ont été mises en vente au troisième trimestre 2020 constate la dernière Enquête sur la commercialisation des logements neufs (ECLN) du ministère de la Transition écologique. Un chiffre en recul de 30,6 % par rapport à la même période de 2019. « Les mises en vente de maison ont continué de se réduire après le déconfinement (- 34,4 % par rapport au deuxième trimestre 2020) », indique l’étude. « En rythme annuel, l’évolution est comparable : - 29,6 % au cours des quatre derniers trimestres par rapport aux quatre précédents. » Par comparaison, 18 902 appartements ont été mis en commercialisation au troisième trimestre 2020…

Rebond des ventes. Au troisième trimestre 2020, les promoteurs ont enregistré 1 802 ventes de maisons, en hausse de 7 % par rapport au deuxième trimestre (celui du premier confinement). Mais c’est quand même un recul de 9,2 % par rapport à la même période de 2019. « Le cumul des réservations effectuées au cours des quatre derniers trimestres est inférieur (- 19,5 %) à celui des quatre trimestres précédents », ajoute l’étude du ministère. On remarquera que les promoteurs ont vendu 22 509 appartements au troisième trimestre 2020… Sur cette période, les maisons neuves comptent pour exactement 8,01% du total de ventes de nouveaux logements…

Un marché demandeur. L’équation est toujours la même : avec des ventes supérieures aux mises en vente, l’offre recule. A fin septembre 2020, 6 359 maisons neuves sont disponibles à la vente, une chute de 20,7 % sur un an. Par comparaison, 88 879 appartements sont en cours de commercialisation à la même date. Ainsi, l’habitat individuel compte pour 7,15 % de l’offre globale… Le nombre de maisons actuellement en vente représente 10,7 mois de fonctionnement du marché. Lorsque l’offre est également à la demande, ce délai d’écoulement s’établit à douze mois. En d’autres termes, ce marché reste tendu, avec davantage d’acquéreurs que de biens proposés.

Pas prioritaire… Si la maison neuve est de plus en plus rare, c’est tout simplement parce que la priorité est aujourd’hui donnée à la lutte contre l’étalement urbain et l’artificialisation des sols. Autrement dit, l’heure est à la densification de l’urbanisme et les permis de construire vont d’abord aux logements collectifs. En outre, l’investissement locatif en loi Pinel ne sera plus possible pour les maisons dès 2021, ce qui freine le développement de ce type d’opérations. En d’autres termes, l’offre va rester très ténue et surtout inférieure à la demande. Les familles qui cherchent à acheter une maison neuve ne doivent donc pas trop tarder s’elles veulent bénéficier d’un peu de choix.

Financièrement accessible. Quant aux prix, une maison neuve revient en moyenne à 278 884 € l’unité selon l’enquête du ministère. C’est une baisse de 1,5 % par rapport au troisième trimestre 2019. Un recul dû essentiellement à des phénomènes de localisation. Ce marché est si étroit que le lancement d’un programme de maisons sur une adresse moins chère fait mathématiquement baisser la moyenne. Ce qu’il faut retenir, c’est que ces prix correspondent au budget des familles. Pour un projet de 280 000 € avec 40 000 € d’apport, il faut emprunter 240 000 €. Sur vingt ans à 1,40 %, la mensualité s’établit à 1 150 €. Un crédit accessible à un foyer qui gagne 3 500 € net par mois… Pour en savoir plus sur le marché de l’habitat individuel neuf, vous pouvez consulter notre dossier Acheter une maison à un promoteur.

Maisons neuves : offre et prix en régions

© SDES/ECLN/ministère de la Transition Ecologique

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