Fin juin 2021, les promoteurs proposent 94 544 logements à la vente selon la dernière enquête sur la commercialisation des logements neufs (ECLN) du ministère de la Transition écologique, un document paru le 17 août dernier (voir notre actualité). Cette offre se compose de 87 989 appartements et de 6 555 maisons. En dautres termes, ces mêmes maisons comptent pour 7,45 % de loffre totale de logements neufs ! Par comparaison, 8 516 maisons étaient en vente sur un stock total de 104 124 logements, soit 8,18 % du marché au deuxième trimestre 2017, toujours selon le ministère de la Transition écologique.
Offre urbaine. Si loffre de maisons neuves est étroite, cest parce que le marché se concentre dans certains secteurs spécifiques. Les zones A bis, A et B1 (partie agglomérée de lIle-de-France, Genevois français, Côte dAzur, métropoles de plus de 250 000 âmes) accueillent en effet 80 % de loffre totale, dont une très grande majorité de logements collectifs. La demande étant inférieure aux besoins, et le marché étant ce quil est, il est donc logique que les appartements soient surreprésentés sur ces adresses dites tendues.
Densification. Autre raison : depuis plusieurs années, la priorité est donnée à la densification pour lutter contre létalement urbain. Ce qui pousse à bâtir davantage dimmeubles. Les opérations de maisons neuves nécessitent souvent de grands terrains en périphérie. Il faut créer de la voirie, des réseaux de gaz et délectricité, ce qui coûte plus cher. Une tendance qui devrait saccélérer avec la loi Climat et Résilience. Publiée le 24 août 2021 au Journal officiel, elle a pour objectif de lutter contre lartificialisation des sols en favorisant le collectif.
Fin de la loi Pinel pour les maisons
Depuis le 1er janvier 2021, les maisons neuves ne sont plus éligibles à la loi Pinel. Prise pour lutter contre létalement urbain, cette décision favorise le collectif. Pour autant, linvestissement locatif en maison reste intéressant : la demande locative est supérieure à loffre, les locataires (le plus souvent des familles) demeurent plus longtemps dans le logement, ce qui réduit le risque de vacance. Hors Pinel, les logements neufs se louent selon les conditions du marché libre (pas de plafonds de loyers ni de ressources des locataires à respecter).
Lancements. Lenquête ECLN remarque que 2 350 maisons neuves ont été mises en vente au deuxième trimestre 2021, un rebond de 54,1 % par rapport au deuxième trimestre 2020, une période marquée par le très strict premier confinement et une chute des lancements commerciaux. Mais, entre le premier et le deuxième trimestre 2021, les mises en vente progressent de 48,4 %, soit 750 maisons de plus. 6 900 villas ont été mises sur le marché entre juillet 2020 et juin 2021, une hausse de 7,5 % par rapport aux douze mois précédents.
Côté ventes. Cette progression des mises en vente tient-elle aux demandes despace et de verdure consécutives aux confinements, à la cote damour croissante pour la maison ? Sil est sans doute trop tôt pour établir des tendances, toujours est-il que les ventes remontent un peu. 2 000 maisons ont trouvé preneur au deuxième trimestre 2021, une augmentation de 18 % par rapport à la même période de 2020. 7 691 réservations ont été enregistrées entre juillet 2020 et juin 2021, contre 7 617 lors des douze mois précédents, en hausse de 1 %.
Et les prix ? La maison neuve moyenne sétablit à 330 500 € à fin juin 2021, une augmentation de 7,6 % sur un an. Une hausse qui sexplique par la typologie des maisons proposées et la localisation des programmes. Le marché a en effet connu une hausse des ventes de maisons spacieuses (cinq pièces et plus), des biens plus chers qui ont tiré les moyennes vers le haut. De même, deux régions se démarquent par une offre importante et des prix élevés, lIle-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes (voir tableau), avec les mêmes effets sur les moyennes.
