Marché : urgence pour les maisons neuves ?

Pierre Chevillard
Mis à jour par
le 24 février 2020
chez PAP.fr

L’offre de maisons neuves ne compte plus que pour 7 % environ du marché. Une tendance qui ne risque pas de s’arranger avec la priorité donnée aux logements collectifs. Les acquéreurs ne doivent pas tarder s’ils veulent trouver leur bonheur !

© Franck Paubel

L’an dernier, les promoteurs ont mis en vente 7 426 maisons, une chute de 27,8 % par rapport à 2018, révèle l’Enquête sur la commercialisation des logements neufs du ministère de la Transition écologique et solidaire, parue mi-février 2020. Par rapport au marché des appartements, la comparaison est cruelle : l’année dernière, 102 809 logements collectifs ont été lancés en commercialisation ! « En 2019, les maisons représentaient 6,7 % des logements neufs mis en vente, contre 8,1 % en 2018 », précise l’étude.

Offre. 7 963 maisons sont disponibles au quatrième trimestre 2019, en baisse de 16,2 % par rapport à la même période de 2018. Elles comptent pour 7,5 % de l'offre de logements neufs. Avec un score aussi faible, les ventes ne peuvent que reculer. 8 600 réservations de maisons ont été enregistrées en 2019, contre 9 400 en 2018. A noter : fin 2019, le délai d’écoulement de l’offre s’établit à 3,8 trimestres, contre 4 trimestres un an auparavant. Bref, les rythmes de vente s’accélèrent !

© ECLN/SoES

Prix. Dans ce contexte de tension, les prix progressent. Fin 2019, la maison neuve moyenne vaut 278 795 €, une progression de 3,2 % sur un an. Une hausse qui s’explique par la rareté des terrains pour ce type de programme, par un gain en performance ou encore par des prestations plus qualitatives. Mais les promoteurs s’efforcent de limiter la tendance. Les maisons neuves sont le plus souvent achetées par des familles et il s’agit de ne pas désolvabiliser ces ménages.   

Urbanisme. Si les maisons de promoteurs se raréfient, c’est parce que la tendance est à la densification de l’urbanisme. Pour optimiser le foncier, les permis de construire sont surtout accordés aux immeubles. Alors que les maisons constituent le logement préféré de 80 % des Français tout en offrant un excellent rapport qualité/prix/surface. Et les choses ne vont pas s’arranger avec la politique de zéro artificialisation nette des sols engagée par l’Etat et les collectivités locales.

Défiscalisation. Autre vent contraire : à compte de 2021, les maisons de promoteurs ne seront plus éligibles à la loi Pinel (un avantage fiscal réservé à l’investissement locatif dans le neuf), comme le précise l’article 161 de la loi de Finances pour 2020. Certes, ces villas et autres demeures sont majoritairement destinées à la résidence principale. Mais la réorientation du Pinel vers le collectif ne peut que contribuer à l’assèchement du marché de l’individuel neuf…

Moment. Au résultat, les candidats à l’achat sur plans en maison neuve ont intérêt à ne pas trop tarder, sous peine de voir les biens proposés à la vente filer dans l’escarcelle d’acquéreurs plus prompts. Avec une progression des prix qui s’annonce durable, ceux qui se lancent aujourd’hui s’épargnent la hausse de demain. Enfin, les acquéreurs de maisons neuves bénéficient actuellement de taux bas, tandis que leur projet est encouragé par le PTZ, un crédit gratuit qui peut atteindre 138 000 €.


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