Bien emprunter en 2013

Manuel Apruzzese
Mis à jour par
le 25 avril 2013
Journaliste chez PAP.fr
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Malgré une conjoncture plutôt morose et un climat économique anxiogène, la période actuelle n'a jamais été aussi favorable aux emprunteurs. L'année 2012 a été marquée par une baisse régulière des taux. Et les premiers mois de 2013 s'annoncent tout aussi prometteurs. « L'OAT est passée sous la barre symbolique des 2 %. Ça ne s'est jamais vu depuis soixante ans ! », annonce d'emblée Ari Bitton, P-DG et fondateur d'AB courtage.

En 2012, les taux fixes ont chuté en moyenne de 0,70 point, notamment en raison de la baisse de 1 point de l'Obligation assimilable du trésor à 10 ans. « Sur un dossier standard, on peut emprunter aujourd'hui à 3,05 % sur 15 ans et 3,40 % sur 20 ans. Les bons dossiers peuvent même décrocher du 2,80 % sur 15 ans. » Sauf catastrophe économique majeure, il est difficile d'imaginer une hausse importante des taux de crédits à court terme.

« L'année 2013 s'annonce un bon cru pour les emprunteurs. On a une bonne visibilité sur le premier trimestre », ajoute Ari Bitton. Toutefois, pour décrocher le meilleur taux, il est indispensable de bien préparer son dossier. « Il est important de soigner ses relevés de comptes, de solder ses crédits et de ne pas avoir de relevés débiteurs. » Si ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à différer votre demande.

Le crédit reste ouvert

Contrairement à beaucoup d'idées reçues, les banques n'ont pas fermé le robinet du crédit. Au contraire ! Comme toutes les entreprises commerciales, elles ont des objectifs à atteindre. « Nous ne constatons pas de changement notable dans l'attitude des banques. Les taux de refus restent les mêmes (autour de 5 %). Les banques ne sont pas plus restrictives, elles ne font qu'appliquer les critères d'attribution. » Ainsi, le taux d'endettement est un point sur lequel les banques ne transigent plus.

Même si le taux d'endettement maximal de 33 % n'a pas d'existence légale, ce cap est infranchissable pour les établissements prêteurs. Sachez qu'au-dessus vous aurez du mal à trouver un crédit. Seuls les gros revenus peuvent espérer dépasser ce seuil. Pour caractériser le financement, les banques utilisent souvent le terme de quotité de financement.

Concrètement, c'est la part du prêt consenti par rapport au coût total de l'opération, hors frais de notaire et de garantie. Un taux d'endettement de 30 % sur 7000 € de revenus laisse 4 677 €. Sur 3 000 €, il n'en reste plus que 2 100 €. Donc plus la quotité de financement sera élevée, moins le dossier sera bon aux yeux de l'établissement prêteur car vous serez obligé d'emprunter davantage. Et surtout, le risque sera plus important pour la banque.

La délégation d'assurance, à ne pas oublier !

Depuis le 1er janvier 2010, la délégation d'assurances est autorisée et ne peut pas être refusée par votre banque. Pour les jeunes emprunteurs en bonne santé, cela a permis de diviser par deux le coût de l'assurance décès invalidité. Si dans les premières années la délégation était intéressante pour l'emprunteur, ce n'est plus forcément le cas aujourd'hui. « Les contrats groupes des banques se sont alignés sur les contrat individuels. Il y a 5 ans leur taux était de 0,42 % pour les moins de 30 ans, il est passé à 0,22 % à garanties équivalentes », commente Ari Bitton.


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