Immobilier : les Français veulent acheter du neuf !

Motivés par l’envie de bien se loger et de bâtir un patrimoine, par des taux au plus bas et par des aides efficaces, les particuliers sont demandeurs de logements neufs selon une enquête de l’Insee. L’offre réussira-t-elle à suivre ?

Où en est la demande de logements neufs ? Comment les acquéreurs comme les investisseurs en locatif concrétisent-ils leurs projets ? Comment les prix évoluent-ils ? Quelles sont les perspectives pour la construction ? L’enquête que l’Insee réalise tous les trois mois auprès des promoteurs apporte des réponses particulièrement édifiantes. La plus importante, sans doute : « En juillet 2021, les promoteurs immobiliers restent positifs sur la demande de logements neufs qui leur est adressée : le solde correspondant est quasi stable par rapport à avril 2021, au-dessus de sa moyenne de longue période » énonce l’étude.

Motivation. Eh oui : les Français veulent toujours acheter du neuf. Ils ont envie de bâtir un patrimoine, de bien se loger, dans un logement aux dernières normes qui échappera aux coûteuses rénovation qui vont toucher l’ancien. Avec la loi Climat récemment adoptée, les biens d’occasion classés G sur le diagnostic de performance énergétique (DPE)seront interdits à la location en 2023. Ce sera le cas pour les bien F en 2028 et pour les E en 2034. Or le neuf, lui, arbore un a voire un B sur le DPE. Par ailleurs, le marché reste soutenu par des taux bas et des aides puissantes (PTZ ou encore loi Pinel, etc.).

Construction. Autre signe positif : « En juillet 2021, les promoteurs sont un peu plus nombreux à prévoir une augmentation des mises en chantier » indique l’étude de l’Insee. « Le solde d’opinion correspondant augmente et excède davantage sa moyenne de longue période. » Il semblerait bien que les pré-commercialisations (ventes sur plans faites avant travaux) se passent bien, ce qui pousse les promoteurs à lancer les chantiers plus rapidement. Dans le même temps, le solde de logements invendus baisse et « repasse sous sa moyenne de longue période » précise l’étude.

Inflation. Selon l’Insee, « en juillet 2021, bien plus de promoteurs qu’en avril signalent une hausse du prix moyen des logements neufs mis en vente » indique l’Insee. « Le solde correspondant augmente pour le quatrième trimestre consécutif et atteint son niveau le plus élevé depuis avril 2006. » Terrains rares, programmes longs à monter, normes surabondantes ou encore pénurie de certains matériaux font monter les prix. Et la prochaine réglementation environnementale RE 2020, opérationnelle en 2022, aura aussi un effet inflationniste car elle renforce les exigences en matière de performance énergétique et de décarbonation.

Mobilisation. Preuve de la détermination des acquéreurs : « Les promoteurs sont nettement plus nombreux que le trimestre précédent à considérer que les moyens de financement consacrés aux achats de logements neufs augmenteront au cours des trois prochains mois » note l‘Insee. Si les taux historiquement bas permettent d’emprunter davantage pour une même mensualité, il faut aussi rappeler que les banques demandent le plus souvent un apport personnel de 10% du montant du projet, ce qui nécessite forcément la mobilisation de moyens financiers plus importants (pour en savoir plus, voir ce dossier sur le crédit immobilier). .

Interrogations. La grande question, c’est de savoir si l'offre réussira à suivre. Selon les derniers chiffres du ministère de la Transition écologique, elle s’établit à 90.000 logements neufs au premier trimestre 2021, une baisse de 11,4% par rapport à la même période de 2021. Pour le moment, les acheteurs de résidences principales et les investisseurs en locatif gardent du choix. Mais si les mises en vente ne rebondissent pas (elles plongent de 20% sur un an), l’offre diminuera, réduisant les possibilités pour les particuliers. La demande restant ferme, les prix de l‘immobilier neuf ne pourront alors que monter…

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