Les promoteurs, à l'image de Nexity, explorent d'autres pistes pour contenir les coûts de construction qui représentent en moyenne 50 % du total d'un programme.
Des maisons bois
Nexity planche depuis trois ans sur un projet de construction économique et industrialisée. Un premier partenariat avec Arcelor Mittal a été abandonné, le promoteur s'est alors intéressé au bois. Il construit à Brest (Finistère) un immeuble comptant deux étages en utilisant ce matériau pour le plancher, l'ossature, le parement en façade. « Nous devrions livrer cette résidence en neuf mois, soit quatre à cinq mois plus tôt qu'une résidence traditionnelle », estime Bruno Corinti, directeur général délégué au pôle logement de Nexity.
« Nous avons quatre à cinq projets de ce type en France qui s'implanteront en périphérie avec des stationnements à l'extérieur. En 2013, ces programmes devraient générer plusieurs centaines de logements. » Si l'utilisation du bois réduit les délais de réalisation, ce mode constructif ne fait pas baisser pour autant les coûts de construction comme le précise Guy Nafilyan.
Kaufman & Broad a développé une gamme de maisons en bois depuis trois ans, soit 10 % de sa production de logements. « Si les délais sont plus rapides, les coûts de construction sont équivalents à ceux d'un mode constructif utilisant le béton, analyse le dirigeant. Mais je reste persuadé que nous avons une marge de progression. Les coûts devraient diminuer. » Dans l'Hexagone, le secteur de la construction bois souffre en effet d'un certain retard de développement, contrairement aux États-Unis où ce marché est mature.
« Cette filière n'est pas structurée pour répondre à la demande. Pour le moment, elle ne peut pas apporter de réponses industrielles à un coût économique suffisamment raisonnable », ajoute Philippe Rouvier-Corouge, qui lancera un programme de maisons individuelles groupées et des appartements en ossature bois dans le premier éco-quartier de Cergy (95).
Rationaliser les coûts
Pour contenir les prix, les promoteurs rationalisent leur politique d'achat en groupant les commandes de portes, de salles de bains auprès des fournisseurs pour diminuer les coûts de revient. Les professionnels planchent également sur la préfabrication de lots secondaires comme des salles de bains qui seraient prééquipées pour faciliter et raccourcir les délais de pose dans les résidences.
« Nous travaillons avec des industriels spécialisés dans l'hôtellerie et les chantiers navals sur cette thématique, explique Bruno Corinti. Mais ces modules nécessitent un grand travail d'adaptation pour le secteur du logement. Nous sommes en phase d'expérimentation. »