Les performances énergétiques des immeubles neufs

Le Quai des Canotiers, à Lille, a été pensé par l'architecte C.-H.Tachon. Dans ce programme Nacarat a pu pousser très loin les curseurs de l'écologie. Par exemple il participe au programme Refuges LPO® contribuant à la réintégration de la biodiversité dans les villes.
Le Quai des Canotiers, à Lille, a été pensé par l'architecte C.-H.Tachon. Dans ce programme Nacarat a pu pousser très loin les curseurs de l'écologie. Par exemple il participe au programme Refuges LPO® contribuant à la réintégration de la biodiversité dans les villes. © Nacarat

Performances énergétiques. Le seul signe visible du caractère écologique des immeubles, ce sont les labels tels que BBC Effinergie, Effinergie+ et BEPOS Effinergie 2013. « Ils servent d’indicateurs de la qualité environnementale des immeubles mais ils changent constamment, les particuliers sont un peu dépassés ! », constate Emilie Delloye, directrice générale associée de Lem, qui vient de construire à Lyon Fourvière le Lugdunum, un programme exemplaire en matière environnementale. « Les acquéreurs ne s’intéressent pas aux labels : seules les performances concrètes qu’ils traduisent les intéressent, et nous sommes passés au 100 % BBC depuis longtemps », renchérit Rodolphe Deborre, responsable du développement durable pour le groupe Rabot-Dutilleul/Nacarat. La première chose qui intéresse les acquéreurs en dehors de l’adresse du programme, ce sont souvent les performances énergétiques de leur futur logement.

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Economies d'énergie. Aujourd'hui les promoteurs cherchent à économiser sur la consommation énergétique qui est à présent proche de zéro. Les consommations ont chuté de 30 % en 15 ans. « Difficile de faire mieux », observe Emilie Delloye. Il faut donc acheter un logement qui ne consomme que très peu sinon il sera plus difficilement vendable, comme le prouvent les dernières études de l'association Dinamic, qui travaille en liaison avec le Conseil supérieur du notariat et la Chambre des notaires de Paris. Mais un immeuble vert offrira des prestations supérieures à celles imposées par les normes. Ainsi au Lugdunum, « nous avons installé en complément des chauffages qui s’alimentent aux granulats de bois. Les gens pensent que c’est compliqué mais en fait il suffit de deux transports par an. Il s’agit bien sûr d’un bois local qui est issu d’une filière pérenne, peu sensible aux fluctuations des cours, contrairement au gaz. Mais il y a, de toute façon, un chauffage gaz », précise Emilie Delloye.

La biodiversité selon les promoteurs.
La biodiversité et la promotion, deux mondes étrangers l’un à l’autre ? Pas du tout, comme le prouve le dernier-né des labels écolo : BiodiverCity©, initié par Bouygues Construction et qui est attribué par le Conseil International Biodiversité & Immobilier (Cibi), lorsque les programmes respectent les écosystèmes, la diversité des espèces et favorisent les relations des habitants avec la nature.
Quel intérêt pour les acquéreurs ? Rodolphe Deborre souligne que « la biodiversité motive beaucoup les acquéreurs. Préserver la faune locale c’est la problématique écologique qui les attire le plus. Que nous collaborions avec la Ligue de protection des oiseaux plaît aux gens. Nous travaillons avec des écologues qui connaissent le nom latin des oiseaux mais savent rendre leur savoir accessible ». Emilie Delloye s’est aussi beaucoup intéressée à la biodiversité et au paysage lors de la construction du Lugdunum : « Le parc est un élément essentiel du programme : je voulais le préserver au maximum alors que souvent le budget paysage est négligeable et que la solution la plus simple est de tout raser. Le paysagiste a été choisi en amont et il a travaillé avec l’architecte. La nature s’invite dans les immeubles, les halls par exemple sont très ouverts. Nous avons gardé le verger tel qu’il est pour nourrir les oiseaux et nous allons installer des nichoirs. Nous voulons que l’écosystème soit préservé au maximum. Nous avons mis en place toute une politique écologique du parc en éliminant tous les produits phytosanitaires et en adoptant des moutons "tondeuses". Nous avons aussi des ruches et une première récolte de 100 kg que nous offrirons aux acquéreurs. C’est un retour de l’animal en milieu urbain. »  Et les acquéreurs aiment cela ! « Ils sont satisfaits que les promesses allant dans le sens du développement durable soient tenues et de l’impact sur leur vie quotidienne. Ils regrettent lorsque nous ne communiquons pas suffisamment sur le sujet. Huit clients sur dix veulent en savoir plus sur les éléments écologiques, remarque Rodolphe Deborre. Mais il n’y a pas de preuve significative que nos programmes attirent un public plus écologiste que la moyenne. Pourtant nous aimerions capter l’intérêt de ce type d’acquéreurs, notamment les investisseurs. » Ce devrait être le cas rapidement : selon une enquête de la Société d’investissement immobilier Gecina, la biodiversité peut représenter jusqu’à 25 % de la valeur locative d’un bien.
Pour en savoir plus : reportez-vous au guide en ligne Biodiversité et Bâti de la Ligue de protection des oiseaux de l'Isère et le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE) de l'Isère.


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